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11/06/2013 08:54 EDT | Actualisé 11/08/2013 05:12 EDT

Paradis fiscaux : les noms d'autres Canadiens font surface

Le président du West Edmonton Mall. Une importante philanthrope d'Ottawa. Un notable escroc. Un pionnier de la diffusion en direct sur le web.

Voilà un aperçu des personnalités et gens d'affaires canadiens qui ont des liens avec des paradis fiscaux, selon des données compilées par CBC à la suite d'une fuite de documents confidentiels datant du 3 avril.

La fuite colossale de documents est survenue quand un groupe de journalistes d'enquête basé à Washington, le International Consortium of Investigative Journalists, l'a partagé avec plusieurs médias.

Les 2,5 millions de documents incluent des détails financiers et personnels sur plus de 550 contribuables canadiens liés à des entreprises et des sociétés fiduciaires basées dans les Caraïbes et le Pacifique Sud.

Si certaines de ces personnes sont membres de quelques-unes des familles les plus fortunées du pays, d'autres ont utilisé l'escroquerie pour amasser les billets verts.

Cependant, ce ne sont pas toutes les personnalités énumérées dans les documents qui savaient qu'elles étaient peut-être impliquées dans de l'évasion fiscale.

Quelques-unes d'entre elles, par exemple, ont été invitées à investir dans des entreprises, mais sans se douter qu'elles se révéleraient ensuite liées à des paradis fiscaux.

L'entrepreneur en construction et surfer Bruce Atkey explique que son nom apparaît sur certains documents parce qu'un couple d'amis américains l'a nommé afin de s'assurer que leur société fiduciaire, Neptune Development, se retrouve bien entre les mains de leurs enfants après leur décès.

Passés colorés

Parmi les noms les plus connus apparaissant sur les documents coulés se retrouvent celui de Peter Sabourin, un escroc du monde des finances qui doit plus de 32 millions de dollars à des clients floués. L'homme n'a pas été vu depuis 2007, année où un juge l'a condamné à payer 3 millions de dollars en dommages et intérêts. Il aurait notamment deux entreprises enregistrées dans les Îles vierges britanniques.

Le nom d'Éric Lavine figure également sur les documents confidentiels. Ce Montréalais d'origine qui possède des centres de santé en Californie, à Hong Kong et en Asie du Sud-Est est réputé avoir reçu 10 millions de dollars, entre 2002 et 2006, de la part d'une fiducie implantée aux îles Cook.

De plus, il a été révélé vendredi que les autorités thaïlandaises enquêtent sur la chaîne de centres de conditionnement physique fondée par M. Levine, WOW Xperience. Selon certains rapports, l'entreprise aurait réussi à sortir 24 millions de dollars du pays tout en déclarant des pertes sur leur bilan comptable.

D'autres Canadiens au passé trouble apparaissent eux aussi dans les données coulées à CBC :

  • Adrian Leemhuis, un courtier en obligations qui a reçu une amende de 50 000 $ pour mauvaise conduite alors qu'il était à la tête du fonds commun de placement ASL Direct;
  • Gerry Hargitai, un magnat des produits de santé ayant été banni du marché des transactions d'action en Colombie-Britannique pour avoir « frauduleusement détourné » 221 000 $ en 1992;
  • Mario Aiello, un courtier en valeurs mobilières de Vancouver qui aurait des liens avec des entreprises sous surveillance.

Un blanc passé

Tous les noms qui apparaissent dans les documents confidentiels n'ont pas un passé trouble.

L'un des pionniers de la diffusion en direct et PDG de l'entreprise vancouvéroise LiveCast, William Mutual, soutient que la compagnie avec laquelle il a des liens est née sur l'île de Labuan, en Malaisie, avec la pleine collaboration du gouvernement malaisien de l'époque.

Le président du West Edmonton Mall, David Ghermezian, n'arrive pas à se rappeler s'il est impliqué dans une entreprise appelée Regal Mega Malls Development Corp. Selon ce que laissent croire les documents secrets, cette dernière serait basée dans les Îles vierges britanniques. « Je suis le directeur de quelque 250 entreprises », s'est-il justifié.

L'avocate et philanthrope Shirley Greenberg, qui a reçu l'Ordre du Canada en 2010, revient également dans les documents, tout comme les noms de son partenaire, Harry Stemp, et de sa fille, Martha Bergeron.

Selon Mme Bergeron, sa mère posséderait des propriétés à la Barbade sous le nom d'une fiducie.

550 noms

Avant même qu'aient été inspectés les 2,5 millions de documents confidentiels, l'équipe de CBC a repéré 550 noms de Canadiens impliqués dans des paradis fiscaux. Mais les journalistes d'enquête s'attendent à en trouver quelques centaines de plus.

Avec CBC