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11/06/2013 12:38 EDT | Actualisé 11/08/2013 05:12 EDT

Construction : le patronat appelle les syndicats à la raison

Le Conseil du patronat du Québec s'inquiète du piétinement des négociations dans le dossier du renouvellement des conventions collectives en construction.

« Un conflit de travail qui, en pleine période estivale, paralyserait l'ensemble des chantiers de construction pendant plusieurs jours entraînerait des conséquences importantes et néfastes pour l'économie du Québec et pour l'ensemble des Québécois », affirme le président du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval.

Les négociations sectorielles qui ont cours présentement entre les associations patronales et les syndicats de la construction en vue du renouvellement des conventions collectives pour 2013-2017 ont été ajournées la semaine dernière dans le secteur du génie civil. Les pourparlers achoppent sur la question de la mobilité de la main-d'œuvre.

Les 175 000 travailleurs de la construction ont par ailleurs prévu de déclencher une grève générale illimitée le 17 juin si aucune entente n'intervient d'ici là. De leur côté, les associations patronales ont menacé d'imposer un lock-out.

Une entente, mais pas à n'importe quel prix

Tout en disant souhaiter la conclusion rapide d'une entente, les employeurs insistent sur le fait que celle-ci doit respecter leur « capacité de payer ». Le patronat fait aussi valoir qu'une grève dans le secteur de la construction enverrait un signal négatif sur les conditions d'investissement au Québec.

Le président du Conseil du patronat se défend d'être alarmiste, mais il soutient que l'impact d'un arrêt de travail ou d'une entente où les employeurs achèteraient la paix en cédant aux demandes syndicales viendrait s'ajouter aux autres difficultés que connaît le Québec en raison du contexte économique mondial.

L'Association minière du Québec insiste, pour sa part, sur l'idée que les nouvelles conventions doivent permettre plus de flexibilité en terme d'horaire de travail pour les grands projets, comme celui du développement du Nord. « Notre industrie évolue dans un monde où des horaires fixes de 40 heures par semaine, du lundi au vendredi, ne sont pas toujours envisageables », dit Josée Méthot, la PDG de l'association minière.

Le coût des demandes

Les demandes syndicales se traduiraient par une augmentation de 20 % des coûts de main-d'oeuvre sur quatre ans, dit le Conseil du patronat. Plus spécifiquement, les demandes salariales représentent une augmentation 3,7 % et le patronat juge que cela est déraisonnable dans un contexte où le taux d'inflation n'est que de 1 %.

M. Dorval affirme que ces hausses des coûts de main-d'oeuvre augmenteraient par ailleurs le coût des projets publics. Les coûts du CHUM, du CUSM, du CHU Sainte-Justine, de l'Hôtel-Dieu de Québec et de l'Amphithéâtre de Québec augmenteraient au total de 204 millions de dollars si les associations patronales cédaient aux demandes syndicales, a-t-il énuméré en conférence de presse mardi.

De son côté, l'Alliance syndicale soutient que ses demandes représentent un gain annuel moyen de 1400$ par travailleur. Elle fait valoir que les travailleurs de la construction gagnent 35 $ de l'heure ce qui, étant donné le nombre d'heures travaillées, représente 35 000 $ en moyenne par année.