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10/06/2013 08:43 EDT | Actualisé 10/08/2013 05:12 EDT

Turquie : les manifestants ignorent les menaces du gouvernement Erdogan

Les manifestants qui se mobilisent contre le gouvernement turc depuis 11 jours n'ont pas l'intention de s'en laisser imposer par le premier ministre Recep Tayyip Erdogan qui a promis ce week-end de leur faire payer « un prix élevé ».

Lundi matin, la situation était relativement calme sur la place Taksim, à Istanbul, où des dizaines de milliers de contestataires manifestent depuis bientôt deux semaines pour réclamer la démission du premier ministre conservateur Recep Tayyip Erdogan.

De nouvelles manifestations sont attendues en fin de journée sur la place Taksim et dans le parc Gezi, à Istanul.

Tout au long du week-end, des dizaines de milliers de personnes se sont massées notamment dans les rues d'Istanbul, d'Adana et de la capitale, Ankara, où des heurts entre manifestants et policiers ont eu lieu sur la place Kizilay, au centre-ville.

Les policiers ont eu recours à des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser une foule de plusieurs milliers de manifestants.

Erdogan montre les dents

Après une dizaine de jours de contestation, le gouvernement islamo-conservateur commence à montrer des signes d'impatience.

Dimanche, dans une série de discours prononcés devant ses partisans, le premier ministre Erdogan a sommé les manifestants de mettre un terme à ce mouvement de contestation. Il a aussi répété qu'il ne démissionnera pas de ses fonctions.

Son parti, le AKP, a exclu du même souffle toute possibilité d'élections anticipées.

Devant ses partisans dimanche, le chef du gouvernement turc a qualifié ses adversaires de « terroristes », de « lâches » et de « vandales ». Il a également prévenu que la patience dont a fait preuve son gouvernement jusqu'ici a des limites.

« Ce sont ce type de discours et la brutalité de la police qui ont mené la contestation aussi loin. Il doit faire marche arrière (...) il doit reconnaître les exigences de la population », a déclaré lundi à l'Agence France-Presse Akif Burak Atlar, secrétaire du collectif Taksim Solidarité.

« Honnêtement, je ne sais pas où tout ça va, personne ne contrôle plus rien », a poursuivi M. Atlar, pessimiste.

Ce mouvement de contestation qui secoue la Turquie a pris naissance le 31 mai dernier lorsque les forces de l'ordre turques ont délogé de force des centaines de personnes qui campaient dans le parc Gezi, à Istanbul.

Les manifestants tentaient d'y bloquer un projet d'aménagement prévoyant l'abattage de 600 arbres et la construction d'un centre commercial doté d'une mosquée dans ce parc adjacent à la place Taksim.

De violents affrontements entre la police et les manifestants s'en étaient suivi tandis que le mouvement de contestation gagnait les villes les plus importantes du pays, dont Ankara et Izmir.