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10/06/2013 03:52 EDT | Actualisé 10/08/2013 05:12 EDT

Léger met un terme final aux négociations avec les garderies privées

QUÉBEC - La ministre de la Famille, Nicole Léger, a décidé d'imposer ses compressions de 14,9 millions $ aux garderies privées subventionnées, lundi, mettant ainsi un terme à un bras de fer qui durait depuis trois mois.

Mme Léger a affirmé qu'elle fera adopter par le Conseil du trésor des nouvelles règles budgétaires, ce qui se traduira par une diminution de 2,8 pour cent de la subvention remise aux établissements privés, qui contestaient ces réductions qui doivent contribuer à rétablir l'équilibre budgétaire du gouvernement.

Lors d'un point de presse précédant une réunion des députés, la ministre a pris acte du rejet d'une entente de principe survenue avec le Regroupement des garderies privées du Québec (RGPQ), l'un des deux qui représentent ces établissements.

L'Association des garderies privées du Québec (AGPQ) réclamait aussi des aménagements en contrepartie des compressions du gouvernement.

Mme Léger a affirmé que les discussions ont assez duré et qu'aucun aménagement ne sera fait pour satisfaire les deux regroupements.

La ministre a rappelé qu'elle avait déjà réduit ses compressions de 18 millions $ à 14,9 millions $, après s'être entendue avec le réseau public des Centres de la petite enfance (CPE), dont les budgets ont été amputés de 31,1 millions $.

«Les négociations sont terminées, ça fait trois mois, 24 rencontres, 14 avec les deux associations de garderies privées, ça en avait pris 10 avec les CPE, alors maintenant, je passe à autre chose, je vais de l'avant, les parents s'attendent à avoir des places, donc je vais mettre mes priorités au développement de ces places», a-t-elle dit.

Mme Léger ne s'est pas montrée inquiète par les menaces de l'AGPQ qui avait promis de bloquer les projets du ministère en boycottant les travaux de comités si jamais les compressions étaient imposées sans aménagement.

«Les comités consultatifs pour le développement des places ne seront pas bloqués du tout, a-t-elle dit. S'ils ne veulent pas participer, c'est leur choix, mais moi je vais de l'avant.»

Les compressions de 14,9 millions $ s'étaleront sur les cinq derniers mois de l'année financière, soit de novembre à mars prochains.

Le président de l'AGPQ, Sylvain Lévesque, a affirmé que ses membres, qui se réuniront mardi en assemblée générale, maintiendront la pression sur le gouvernement malgré la décision de Mme Léger.

«Je pense que les garderies, on est devenu leur bouc émissaire alors nous on continue le plan de match, a-t-il dit en entrevue. Je trouve ça quand même honteux, en plus c'est coupé de novembre à mars, alors c'est plus de 5000 $ de coupe par mois par installation, c'est de l'argent.»

M. Lévesque a expliqué que ses membres auront le pouvoir de bloquer les travaux de comités à l'exception de celui sur le développement des places.

«Peut-être que ça ne la dérange pas qu'on ne siège pas sur les comités de place mais tous les autres comités, dont 'Grandir en qualité', ils ne peuvent pas procéder si on ne participe pas», a-t-il dit.

Les représentants des garderies privées participeront mardi à une assemblée générale où ils décideront des suites à donner. L'AGPQ étudiera la possibilité de demander un médiateur et un vérificateur externe. Aucune journée de grève n'est prévue pour l'instant.

Des membres de l'AGPQ avaient déjà été mis à l'amende pour avoir débrayé pendant une journée, le mois dernier, des pénalités que l'association a l'intention de contester.