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10/06/2013 12:03 EDT | Actualisé 10/08/2013 05:12 EDT

Kerry reporte un voyage au Proche-Orient pour des réunions sur la Syrie

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a reporté un voyage prévu cette semaine au Proche-Orient, officiellement pour participer à des réunions importantes à la Maison Blanche sur la Syrie, ont indiqué lundi à l'AFP des responsables américains.

Un diplomate du département d'Etat a fini par confirmer les rumeurs qui circulaient depuis dimanche selon lesquelles M. Kerry a dû repousser son départ lundi de Washington pour Jérusalem, puis la Cisjordanie et la Jordanie. Le chef de la diplomatie américaine doit être présent à des réunions dans la capitale fédérale cette semaine, a expliqué à l'AFP ce responsable ministériel.

Un deuxième diplomate a précisé à l'AFP qu'il s'agissait de discussions prévues à la Maison Blanche et consacrées à la situation en Syrie.

Le président Barack Obama a demandé à son "équipe de sécurité nationale" -- qui comprend M. Kerry -- "d'examiner toutes les options possibles qui nous permettraient de remplir nos objectifs pour aider l'opposition syrienne (...) et hâter une transition politique dans une Syrie de l'après Assad", a expliqué à l'AFP la porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, Bernadette Meehan.

"Nous avons préparé une large gamme d'options pour le président et les réunions internes pour discuter de la situation en Syrie n'ont rien d'exceptionnel", a-t-elle précisé, ajoutant qu'il n'y aurait "pas d'annonce à ce stade".

Le président Obama est sous pression depuis des mois d'élus républicains et même de responsables de son propre camp pour armer la rébellion syrienne. Il s'en est jusqu'à présent tenu à une aide conséquente, mais non létale, de 250 millions de dollars.

Auparavant, la presse israélienne avait une autre explication pour le report du voyage de M. Kerry.

D'après le quotidien Israel Hayom, proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu, il a différé sa visite "pour donner davantage de temps" au président palestinien Mahmoud Abbas pour renoncer à son exigence d'un gel de la colonisation.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki avait affirmé le 3 juin que le chef de la diplomatie américaine serait "de retour dans la région les 13, 14 et 15 du mois". En outre, une rencontre mardi avec M. Kerry figurait auparavant au programme prévisionnel du président israélien Shimon Peres, qui n'en fait plus mention lundi.

Le département d'Etat américain n'avait jamais annoncé cette visite au Proche-Orient, se contentant de répéter que le secrétaire d'Etat retournerait dans la région, pour la cinquième fois depuis son entrée en fonctions, au moment où il le jugerait utile pour favoriser la reprise de négociations de paix.

"Si Kerry veut influer sur ce qu'il se passe sur le terrain, il doit tenir tête à Israël. Jusqu'à présent il n'y a pas de volonté politique d'empêcher Israël de poursuivre ses actions" de colonisation, a estimé Hanane Achraoui, membre du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

"Si l'on poursuit dans cette voie consistant à exiger davantage de concessions des Palestiniens et des Arabes, tout en faisant des cadeaux à Israël, Kerry échouera comme cela est toujours arrivé", a-t-elle déclaré à la radio officielle Voix de la Palestine.

La direction palestinienne exige pour reprendre les négociations de paix un gel total de la colonisation israélienne et une référence aux lignes d'avant l'occupation israélienne des Territoires palestiniens en juin 1967 comme base de discussions.

M. Netanyahu appelle de son côté à des négociations immédiates sans "conditions préalables", en allusion à ces revendications qu'il récuse.

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