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09/06/2013 11:36 EDT | Actualisé 09/08/2013 05:12 EDT

Turquie: le premier ministre Erdogan critique une fois de plus ses opposants

ANKARA, Turquie - Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a grimpé sur le toit d'un autocar dimanche pour livrer un discours enflammé à des milliers de partisans, dimanche, mettant au défi ses opposants de défaire son parti aux prochaines élections municipales.

Au dixième jour des manifestations populaires, le premier ministre s'est rendu dans deux villes de la Turquie où les citoyens ont pris d'assaut les rues, décrivant à nouveau ses opposants comme une «poignée de pilleurs et de vandales».

À Adana, une ville du sud du pays où des partisans pro et anti-Erdogan se sont affrontés dans la nuit de samedi à dimanche, M. Erdogan a lancé, depuis le toit d'un autobus, que les détracteurs de son gouvernement avaient été «assez lâches pour insulter le premier ministre du pays».

La violente répression des forces de l'ordre contre des manifestants opposés à un projet d'urbanisation sur la place Taksim à Istanbul, le 31 mai, a déclenché la colère du pays en entier, propageant le mouvement anti-gouvernement à plusieurs autres villes turques. De nombreux protestataires accusent le premier ministre au pouvoir depuis dix ans, de faire preuve d'autoritarisme, et de tenter d'imposer des visions conservatrices et religieuses au pays, régi par des lois laïques.

M. Erdogan a rejeté en bloc ces accusations, se présentant plutôt comme le «serviteur» du peuple. Il a aussi répété à de nombreuses reprises que ces manifestations étaient une tentative illégale de discréditer son gouvernement, à la veille des élections municipales prévues pour 2014. Le premier ministre turc martèle que son parti a remporté 50 pour cent des voix au scrutin de 2011 et que les rassemblements sont plutôt le fait d'une minorité.

Plus tard dans la journée de dimanche, le premier ministre devait se rendre à Ankara, la capitale de la Turquie, où des milliers de partisans se préparaient à lui faire un accueil flamboyant.

Le refus de M. Erdogan d'apaiser les tensions pourrait toutefois entraîner des perturbations à Ankara, alors que des milliers d'opposants se sont de leur côté rassemblés sur une place centrale près des édifices gouvernementaux. La veille, les forces de l'ordre les avaient dispersés en usant de gaz lacrymogènes et de canons à eau.