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09/06/2013 01:37 EDT | Actualisé 09/08/2013 05:12 EDT

Des médecins veulent contrer les frais accessoires dans le système de santé

MONTRÉAL - Un groupe de médecins revient à la charge pour contrer la prolifération des frais accessoires dans le système de santé québécois.

Un nouvel outil d'information devrait permettre aux patients de s'y retrouver plus facilement pour connaître quels sont les services de santé assurés par la province et ceux pour lesquels les médecins peuvent légitimement imposer des frais à leurs patients.

Les Médecins québécois pour le régime public (MQRP) jugent que les patients, en général, connaissent mal leurs droits. MQRP a réalisé un tableau récapitulatif des frais illégaux. Cet outil sera disponible sur leur site internet et diffusé sur les réseaux sociaux.

Pour Alain Vadeboncoeur, le président de MQRP, il est essentiel que les patients, mais aussi les médecins, soient bien informés des balises imposées par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ). Selon lui, des cliniques privées imposent parfois une facture à leurs patients sans savoir que cela contrevient à la loi.

La Fédération des médecins spécialistes du Québec a réagi rapidement à cette initiative.

«MPRQ représente un très petit nombre de médecins et ses positions nous apparaissent pour le moins dogmatiques», a déclaré Gaétan Barette, par voie de communiqué. La FSMQ ne souhaitait pas s'expliquer de vive voix sur ce dossier qui a déjà été abondamment commenté, selon elle.

Pour le docteur Barette, les frais accessoires existent en raison de l'indécision gouvernementale concernant la couverture adéquate des coûts opérationnels pour dispenser les services médicaux.

«C'est parce que l'État refuse de couvrir les frais accessoires que ceux-ci existent. Non pas parce que les médecins le désirent», soutient le médecin spécialiste.

«Nous, on parle des patients et de l'accès au soin, ça n'a rien de dogmatique», répond le docteur Vadeboncoeur.

Il déplore toutefois que ce soit les patients qui fassent les frais d'une mésentente entre les médecins et le gouvernement. Imposer une facture pour des services assurés par la RAMQ équivaut, selon lui, à permettre un système de santé à deux vitesses.

«On n'est pas si loin de ça des médecins spécialistes sur le fond. Nous aussi, ce qu'on dit, c'est que ça doit être régler entre les fédérations et le gouvernement, mais pas entre les médecins et leurs patients», affirme Alain Vadeboncoeur.

LE MQRP interpelle à nouveau le ministre de la Santé, Réjean Hébert, pour que le dossier des frais accessoires soit réglé rapidement.