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09/06/2013 03:29 EDT | Actualisé 09/08/2013 05:12 EDT

Autochtones: Valcourt croit qu'il y a plus de consensus que d'opposition

OTTAWA - Le ministre fédéral des Affaires autochtones affirme comprendre les frustrations de la jeunesse des Premières nations mais soutient avoir constaté, au fil de ses séjours dans différentes communautés autochtones du pays, que les politiques de son gouvernement suscitent davantage de consensus que de confrontations.

En entrevue avec La Presse Canadienne, Bernard Valcourt a déclaré qu'il n'était pas étonnant que les jeunes autochtones soient frustrés, compte tenu de la surpopulation, des services de santé défaillants, des taux de chômage et d'incarcération élevés et des problèmes de violence qui touchent les réserves amérindiennes.

«Mon impression est que l'impatience que nous constatons provient majoritairement de ces jeunes, qui, je crois, sont frustrés par le peu de progrès qu'ils constatent, a déclaré le ministre. «Ils regardent leur famille, et ne voient pas de changements dans certains domaines.»

M. Valcourt affirme cependant qu'Ottawa a démontré une volonté de trouver des solutions pratiques dans ces dossiers, notamment grâce à l'éducation, une priorité pour la majeure partie des chefs autochtones du pays. «Quelle est l'approche la plus fondamentale, la plus substantielle qui puisse être correcte et contribuer à modifier la situation, si ce n'est l'éducation? Voilà une idée qui a été mise de l'avant par le leadership des chefs autochtones du pays.»

M. Valcourt a été nommé au poste de ministre au lendemain du mouvement de revendication Idle-no-More et de la grève de la faim de la chef d'Attawapiskat Theresa Spencer, l'hiver dernier.

Les militants se préparent par ailleurs à plus de manifestations et de blocages cet été, qui pourraient comprendre des manifestations en milieu urbain et des actions directes sur les terres des Premières Nations, bien que le ministre Valcourt soutienne que le fait de se crier au visage ne sera jamais aussi utile que de s'asseoir pour trouver des solutions.

Le ministre dit avoir beaucoup voyagé depuis qu'il a remplacé John Duncan, il y a trois mois, et a découvert une volonté de travailler avec Ottawa en matière d'éducation, de formation et de développement économique.

De hauts responsables du ministère et du Bureau du Conseil privé entretiennent d'importantes discussions avec les leaders des Premières Nations depuis janvier, dans une tentative de trouver une entente sur la façon de gérer et moderniser les anciens traités et les droits autochtones qui, affirment les Premières Nations, ont été ignorés depuis trop longtemps.

M. Valcourt et le chef de l'Assemblée des Premières Nations, Shawn Atleo, affirment tous deux que les progrès sont réguliers. Le ministre s'attend même à des recommandations concrètes pour aller de l'avant d'ici la fin de l'été.

Dans une récente entrevue, M. Atleo a toutefois dit recevoir des messages mixtes de la part du gouvernement; s'il constate des progrès avec les groupes de travail comprenant les hauts responsables, il dit également remarquer des reculs en matière de soins pour les enfants, l'adoption de plusieurs lois sans financement ou consultation adéquat. Il affirme par ailleurs qu'Ottawa a refusé de lancer une enquête nationale sur les centaines de femmes autochtones qui ont été enlevées ou assassinées.

Selon M. Atleo, l'ampleur des protestations de l'été dépendra de la volonté d'Ottawa d'aller au-delà de la rhétorique pour agir.