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09/06/2013 07:15 EDT | Actualisé 09/08/2013 05:12 EDT

Agrandissement du Parc du Mont-Orford : Québec n'a toujours pas rempli sa promesse

Le Parc national du Mont-Orford profite de la journée des parcs nationaux, dimanche, pour célébrer son 75e anniversaire. Le parc a vécu bien des changements et des bouleversements depuis sa création. L'un d'eux est sans contredit la saga entourant la privatisation d'une partie du terrain.

Il faut remonter en 2006, alors que des centaines de personnes s'opposaient à la privatisation d'une partie du parc. Les opposants au projet de construction de condos au bas de la montagne ont gagné leur bataille. Le parc est demeuré intact, mais la promesse de Québec de doubler sa superficie n'a pas encore été respectée.

« Le gouvernement Charest, quand il a annoncé l'agrandissement, c'était pour faire accepter la couleuvre, qui était de vendre une partie du parc national. Ce n'était pas prévu. Personne n'était contre l'idée, mais on s'aperçoit que doubler le parc va coûter de 35 à 40 millions de dollars. Donc ça va coûter cher aux contribuables », indique Claude Dallaire, ancien coordonnateur de la Coalition SOS parc Orford.

Deux visions opposées

Le gouvernement du Québec a dépensé jusqu'ici 15 millions de dollars pour acquérir près de 4000 hectares de terres. Il n'a pas toutefois pas réussi à s'entendre avec deux propriétaires, soit la société Placements Bombardier et Station Mont des Trois-lacs-Orford.

« Il y a beaucoup d'études à faire pour bien établir la valeur, parce que le gouvernement achète ces terres-là à la valeur marchande. Il faut bien fixer cette valeur-là pour être sûr de bien établir les fonds publics dédiés à ça. Ça suit son cours présentement, c'est très avancé, on espère avoir finalisé ces acquisitions à la fin de l'automne 2013, pour ensuite pouvoir officiellement agrandir le parc », assure Serge Alain, directeur au service des parcs au ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs.

Gilles Fontaine, de Station Mont des Trois-lacs-Orford, est l'un des propriétaires touchés. Depuis 2006, il a reçu deux avis de réserve et un avis d'expropriation qui touche 517 hectares lui appartenant. « On ne peut pas utiliser notre terrain. Depuis 2006, on paie les taxes, on entretient les routes, mais on ne fait pas de développement. Les gens qui disent qu'il y a eu des discussions ne disent pas la vérité. Il n'y a eu aucune négociation, aucune rencontre depuis 2006 », rétorque Gilles Fontaine.

L'homme d'affaires se demande si Québec a réellement l'intention d'acquérir ses terres. Il préfèrerait que le gouvernement laisse tomber l'avis d'expropriation. « Pour une personne qui pense régler ça à l'automne, je trouve qu'elle ne bouge pas beaucoup. Le gouvernement ne nous a jamais fait d'offre. On ne discutera pas du prix de mes terres ici, mais nous ne vendons pas de terrain en bas de 30 000$ l'acre », ajoute Gilles Fontaine.

Si le gouvernement n'arrive pas à s'entendre avec les propriétaires concernés, ce sera au Tribunal administratif du Québec de trancher.