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10/05/2013 12:10 EDT | Actualisé 09/07/2013 05:12 EDT

Un nouveau bilan des victimes fait état de 1021 morts au Bangladesh

DACCA, Bangladesh - Le bilan des victimes de l'effondrement d'un immeuble abritant des usines de vêtements, survenu il y a deux semaines à l'extérieur de la capitale du Bangladesh, a franchi le cap du millier vendredi, pendant que la liste des victimes d'un autre incendie dans une usine de fabrication de chandails démontre la confusion qui prévaut dans l'industrie et parmi les hauts dirigeants du pays.

Des responsables ont confirmé que 1021 corps ont été récupérés des ruines de l'usine, en date de vendredi matin. Par ailleurs, rien ne laissait croire que l'on approchait d'un bilan final alors que d'autres dépouilles étaient découvertes, bien que les responsables savent qu'il s'agit de la pire catastrophe de l'histoire à frapper l'industrie du vêtement et l'une des plus grandes tragédies industrielles.

Le désastre a sonné l'alarme sur les conditions de travail souvent mortelles de l'industrie de vêtement du Bangladesh, qui est évaluée à 20 milliards $ et qui approvisionne des grandes chaînes partout au monde.

Contrairement à l'effondrement du Rana Plaza, qui a été attribué à une construction de mauvaise qualité et au non-respect de la réglementation de sécurité, l'usine de Tung Hai Sweater semblait se conformer aux codes du bâtiment. À la première inspection, l'édifice semblait avoir été proprement construit, avec deux escaliers à l'avant et deux escaliers de secours à l'arrière de l'édifice, selon Mamun Mahumd, directeur adjoint du service des incendies.

L'incendie qui a éclaté dans un édifice de 11 étages, mercredi soir, a tué au moins huit personnes, ont indiqué les autorités, jeudi. On compte parmi les victimes un politicien bien en vue et un dirigeant important de l'association des fabricants de vêtements du pays.

Un haut responsable a décrit les morts de l'incendie de mercredi soir comme des victimes d'une combinaison de panique et de malchance.

«Ils n'ont vraiment pas été chanceux», a déclaré M. Mahmud.

Les victimes ont probablement emprunté les escaliers ordinaires plutôt que ceux de secours, ce qui leur aurait sauvé la vie, selon M. Mahmud.

L'incendie a pris naissance peu après que les travailleurs de l'usine eurent quitté pour regagner leur domicile, a affirmé un porte-parole des pompiers. Le sinistre a généré une quantité énorme de fumée en raison des produits acryliques qui se trouvaient sur les lieux pour la confection des vêtements. Les victimes ont suffoqué au moment où elles tentaient de fuir par l'escalier, selon un responsable.

Les pompiers ont retrouvé huit corps sur un palier du neuvième étage. On retrouve parmi les victimes Mahbubur Rahman, le directeur exécutif de la fabrique et un membre du conseil d'administration de l'Association des exportateurs et manufacturiers de vêtements du Bangladesh.

Un haut-gradé de la police, Z.A. Morshed, et le président de l'aile jeunesse locale du parti au pouvoir, Sohel Mostafa Swapan, ont aussi perdu la vie. M. Rahman envisageait possiblement de briguer les suffrages sous la bannière du parti au pouvoir l'an prochain.