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Pakistan : une transition démocratique à haut risque 

La première transition démocratique du Pakistan en 66 ans risque de se dérouler sous le signe de la violence, à l'image de la campagne électorale qui s'est terminée jeudi soir. Des menaces d'attentats-suicides planent sur les élections législatives de samedi, rendant l'issue du processus difficile à prévoir.

Dénonçant la démocratie, ce « système d'infidèles », les talibans ont conseillé à la population d'éviter les bureaux de vote s'ils souhaitent rester vivants. En guise d'avertissement, une explosion près des bureaux de candidats aux élections vendredi a causé quatre morts et une quinzaine de blessés, dans une zone tribale du nord-ouest frontalière de l'Afghanistan.

Les morts de vendredi s'ajoutent à un bilan de campagne déjà sanglant. Environ 120 personnes, principalement des militants politiques, ont trouvé la mort depuis le début du mois d'avril. Dans la dernière semaine de campagne seulement, trois bombes ont explosé mardi, tuant 18 personnes. Jeudi, le fils de l'ancien premier ministre Yousuf Raza Gilani a été enlevé par des hommes armés alors qu'il se trouvait dans une réunion politique.

La plupart de ces attaques ont été revendiquées par les talibans, dont les menaces ont même empêché les grands partis de tenir des rassemblements durant la campagne. Seul le principal parti d'opposition, La Ligue musulmane, a été épargné. Son chef, Nawaz Sharif, compterait sur ses relations de proximité avec les principaux groupes islamistes radicaux pour assurer sa victoire.

Une lutte serrée

Rien n'est pourtant gagné d'avance pour celui a qui été premier ministre du pays il y a 14 ans. Chassé du pouvoir par un coup d'État militaire, il récolte aujourd'hui 25 % des intentions de votes, talonné de près par son principal opposant, le chef du parti du Mouvement pour la justice, Imran Khan. ex-vedette locale de cricket.

Majoritairement jeunes et urbains, les partisans de Khan le perçoivent comme la seule alternative valable au régime de corruption qui a caractérisé, selon eux, l'ère du président Asif Ali Zardari, du Parti pour le peuple pakistanais (PPP). Le controversé bilan du président Zardari, du clan Bhutto, rend d'ailleurs sa réélection improbable. Outre les critiques reçues sur les plans économique et sécuritaire, son appui à la guerre au terrorisme livrée par Washington ne fait pas l'unanimité.

Selon certains observateurs, les résultats électoraux risquent de créer un parlement fragmenté, où la formation d'une coalition sera nécessaire pour gouverner.

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