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10/05/2013 03:05 EDT | Actualisé 10/07/2013 05:12 EDT

Le pétrole termine en baisse, miné par le dollar et craintes sur la demande

Les prix du pétrole ont terminé en baisse vendredi à New York, minés par un fort renchérissement du dollar, un regain d'inquiétudes sur la demande mondiale de brut et l'annonce par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) d'une hausse de sa production.

Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en juin a fini en recul de 35 cents sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) pour s'établir à 96,04 dollars.

Le prix du baril est descendu en cours de séance de plus de 3 dollars mais s'est repris en toute fin de journée "car les investisseurs ont sans doute considéré que la chute était trop forte et ne voulaient pas partir en week-end en pariant trop fort à la baisse", selon Robert Yawger, de Mizuho Securities USA.

La marché du pétrole a quand même été fragilisé par "les mouvements du dollar", selon John Kilduff, d'Again Capital.

Encouragé par l'annonce d'une baisse des inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis jeudi, à leur plus bas niveau en cinq ans, le billet vert est parvenu à franchir pour la première fois en quatre ans le seuil symbolique des 100 yens pour un dollar.

Fort de cette performance, la monnaie américaine s'est renforcée face à l'ensemble des devises, dont l'euro.

Or un renchérissement du billet vert rend moins attractifs les achats de matières premières libellées en dollars, comme le brut new-yorkais, pour les investisseurs munis d'autres monnaies.

Autre facteur de nature à peser sur le marché selon M. Kilduff: "l'Opep, dans son rapport mensuel, n'a pas relevé ses prévisions de demande mondiale de brut et continue de mettre en garde contre les potentiels risques économiques".

Le cartel, qui pompe environ 35% du pétrole mondial, table de fait sur une demande de 89,66 millions de barils par jour (mbj) cette année, très légèrement en-dessous de la précédente estimation d'avril (89,67 mbj).

"Alors même que les indicateurs économiques semblent s'améliorer, l'absence de prévisions plus positives est perçue comme négative par les investisseurs", a relevé le spécialiste.

Dans le même temps, le cartel a fait part "d'une hausse de sa production de brut à son plus haut niveau en cinq mois", avec notamment une nette progression de l'offre de l'Arabie saoudite, premier exportateur d'or noir et chef de file de l'organisation, a remarqué M. Yawger. Cette augmentation de l'offre, couplée à une demande terne, faisaient craindre aux investisseurs une surabondance d'or noir dans le monde.

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