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10/05/2013 01:16 EDT | Actualisé 10/07/2013 05:12 EDT

Diplomatie: Ottawa se tourne vers Internet pour renouer avec l'Iran

OTTAWA - Le Canada tente de rétablir les relations diplomatiques avec l'Iran en adoptant une approche résolument moderne.

Au lieu de dépêcher des ambassadeurs et des diplomates du côté de Téhéran, le ministère des Affaires étrangères mise sur le contact direct avec les Iraniens sur les réseaux sociaux.

Le ministère travaille en collaboration avec l'École Munk de l'université de Toronto afin de préparer deux journées de discussions qui seront diffusées en direct et en continu sur Internet.

L'objectif principal de ce projet diplomatique numérique est d'échanger avec les Iraniens en prévision des élections présidentielles de juin.

Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a fait valoir vendredi que le Canada, la diaspora iranienne et toutes les personnes qui «aiment la liberté» et qui souhaitent un avenir plus reluisant pour l'Iran soutenaient les «courageux militants» qui se trouvent en Iran.

Les dernières élections présidentielles en Iran remontent à 2009. Plusieurs espéraient que le scrutin mènerait à un changement de régime, mais les électeurs ont finalement confié un nouveau mandat au contesté président Mahmoud Ahmadinejad.

Les résultats de l'élection avaient été accueillis avec colère par une partie de la population. Les journées ayant suivi le scrutin ont d'ailleurs été marquées par des manifestations, lesquelles ont finalement été violemment réprimées.

Deux des candidats de l'opposition qui avaient fait campagne en 2009 sont toujours assignés à résidence. De son côté, Mahmoud Ahmadinejad ne peut plus se présenter comme candidat.

Les tensions entourant le rôle que joue l'Iran dans le conflit en Syrie sont vives au sein de la communauté internationale. Les velléités nucléaires de Téhéran suscitent également bien des inquiétudes.

Pendant ce temps, le gouvernement iranien semble déterminé à tuer dans l'oeuf toute action de l'opposition, débranchant ou restreignant l'accès à Internet au cours des derniers jours.

«Ce que nous avons constaté dans les dernières semaines confirme que la principale crainte du régime, c'est la voix du peuple iranien», a déclaré sous le couvert de l'anonymat un responsable gouvernemental canadien impliqué dans l'organisation du projet numérique diplomatique.