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10/05/2013 12:06 EDT | Actualisé 10/07/2013 05:12 EDT

Climat: la concentration de CO2 dans l'air franchit le cap des 400 ppm

AP
Vehicles crawl along a major road in Beijing, China, Thursday, Jan. 31, 2013. Endless lines of slow-moving cars emerge like apparitions and disappear into the gloom of the thick smog that has shrouded Beijing for weeks and reduced its skyline to blurry gray shapes. With more than 12 million cars sold in China last year, motor vehicles have emerged as the chief culprit for the throat-choking air pollution in big cities especially Beijing.(AP Photo/Ng Han Guan)

Le plus célèbre instrument de mesure de la concentration de CO2 dans l'air a dépassé le seuil symbolique des 400 ppm selon l'Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) vendredi, un niveau inégalé depuis des millions d'années et signe d'un réchauffement inquiétant.

Les relevés, effectués au-dessus du volcan Mauna Loa de Hawaï (Pacifique), ont montré une concentration de 400,03 particules par million (ppm) jeudi.

Cette mesure de la qualité de l'air au-dessus de l'océan Pacifique est pour le moment considérée comme "préliminaire", selon la NOAA. Un instrument de mesure de l'Institut océanographique Scripps de San Diego (ouest) n'a d'ailleurs pas encore dépassé les 400 ppm, son dernier relevé jeudi affichant 399,73 ppm.

Cette mesure est l'une des plus fameuses pièces à charge contre le rôle de l'homme dans le réchauffement du globe. Depuis les premières mesures, établies à 316 ppm en 1958, la courbe croit sans discontinuité.

Jusqu'à la révolution industrielle et le recours massif aux énergies fossiles, ce taux n'avait pas dépassé les 300 ppm durant au moins 800 000 ans, selon des prélèvements dans la glace polaire.

"La dernière fois que la planète a connu une concentration de plus de 400 ppm de CO2, c'était il y a environ 3 millions d'années, quand la température globale était deux à trois degrés plus élevée qu'à l'ère pré-industrielle", a noté Bob Ward, directeur de la communication de l'Institut de recherche Grantham sur le changement climatique et l'environnement, à la London School of Economics and Political Science.

"Les calottes polaires étaient plus petites et le niveau des mers était environ 20 mètres plus haut qu'aujourd'hui. Nous sommes en train de créer un climat préhistorique dans lequel notre société va devoir faire face à des risques énormes et potentiellement catastrophiques", a-t-il ajouté.