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10/05/2013 08:00 EDT | Actualisé 10/07/2013 05:12 EDT

Benghazi: le département d'État américain aurait interféré dans l'affaire

WASHINGTON - D'importants responsables du département d'État américain ont fait pression pour que des modifications soient apportées aux notes de l'ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice qui ont été utilisées après l'attaque meurtrière survenue contre la mission diplomatique américaine en Libye, en septembre dernier, disant craindre que le Congrès critique l'administration Obama pour avoir ignoré des avertissements d'une menace grandissante à Benghazi.

Ces derniers détails devraient certainement jeter de l'huile sur le feu du débat lourdement politiquement chargé à propos de cette affaire. Les républicains harcèlent l'administration Obama à propos des notes de Mme Rice depuis qu'elle s'est exprimée en septembre. Ils laissent ainsi sous-entendre que le président et ses principaux collaborateurs ont réduit l'importance de la possibilité d'actes terroristes dans la foulée de la campagne présidentielle de 2012 et ont caché la vérité à la population.

Les démocrates ont à leur tour accusé les républicains de se bâtir du capital sur l'attaque ayant tué un ambassadeur américain pour marquer des points politiques. La secrétaire d'État d'alors, Hillary Clinton, vue par plusieurs comme la favorite démocrate pour la présidentielle de 2016, a été majoritairement innocentée par une importante enquête indépendante.

Un rapport intérimaire de républicains siégeant sur cinq comités de la Chambre des représentants, paru le mois dernier, a détaillé de quelle façon les notes ont été modifiées quelques jours après les attaques du 11 septembre. De nouveaux détails à propos des inquiétudes politiques et les noms des responsables de l'administration qui ont écrit des courriels concernant ces notes sont parus vendredi.

Le porte-parole Patrick Ventrell, du département d'État, a déclaré vendredi à des journalistes que les liens avec le terrorisme dans le contexte de l'attaque de Benghazi étaient clairs dès le début de l'affaire, mais que les informations n'étaient pas fiables. Il a ajouté que les courriels visant à faire modifier les notes avaient été pris hors contexte.

Le 14 septembre dernier, deux jours avant la participation de Mme Rice, la première version des notes par la CIA faisait référence à des extrémistes islamistes participant à l'attaque; de possibles liens avec le groupe islamiste extrémiste Ansar al-Sharia; une évaluation, par la CIA, des menaces représentées par des extrémistes liés à al-Qaïda, ainsi qu'une mention de cinq précédentes attaques contre des intérêts étrangers à Benghazi.