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10/05/2013 05:48 EDT | Actualisé 10/07/2013 05:12 EDT

Benghazi: la Maison Blanche se défend d'avoir voulu tromper le public

La Maison Blanche a démenti vendredi avoir tenté de tromper les Américains sur l'attaque de Benghazi (Libye), et a nouveau accusé les républicains du Congrès de vouloir indûment donner un caractère politique à cette affaire.

Deux jours après le témoignage de trois fonctionnaires du département d'Etat qui ont dénoncé devant le Congrès les carences en matière de sécurité au bâtiment diplomatique de Benghazi où quatre Américains dont l'ambassadeur ont été tués le 11 septembre 2012, des médias américains ont diffusé vendredi matin des "éléments de langage" utilisés par l'exécutif après cette attaque.

Ces documents, mis en ligne notamment par la chaîne ABC, montrent 12 révisions de ces éléments fournis par la centrale du renseignement (CIA) dans un processus d'aller-retour entre le département d'Etat et la Maison Blanche, avec notamment une suppression de la référence à Al-Qaïda et à des alertes de sécurité préalables à l'attaque.

Selon ABC, une porte-parole de la diplomatie s'est prononcée pour l'effacement de cette dernière mention, par crainte que le Congrès "s'attaque au département d'Etat pour ne pas avoir fait attention aux mises en garde" de sécurité.

"La communauté du renseignement a fourni les informations qu'il lui paraissait convenable de communiquer au public, aux membres de l'administration, au Congrès et au gouvernement", a affirmé vendredi le porte-parole de M. Obama, Jay Carney, assurant que les additions ou soustractions aux éléments de langage faisaient partie d'un "processus de délibération".

Accusant à mots couverts les républicains du Congrès d'être à l'origine de la fuite de ces éléments qui ont été fournis selon lui à une commission d'enquête parlementaire "il y a des mois", M. Carney a estimé lors de son point de presse quotidien que ces révélations "reflètent des tentatives en cours de donner un tour politique à une tragédie qui a coûté la vie à quatre Américains".

L'affaire de Benghazi, que certains élus républicains du Congrès ont comparé au scandale du Watergate, avait déjà contribué à la décision de l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice, de ne pas briguer la succession d'Hillary Clinton à la tête du département d'Etat.

Mme Rice était en effet apparue après l'attaque dans les émissions politiques télévisées dominicales et avait utilisé les éléments de langage en question.

Les républicains soupçonnent la Maison Blanche d'avoir cherché à éluder le caractère terroriste de cette attaque, pour ne pas ternir le bilan de M. Obama quelques semaines avant l'élection présidentielle du 6 novembre - qu'il a finalement remportée.

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