POLITIQUE
10/05/2013 02:00 EDT | Actualisé 10/07/2013 05:12 EDT

Québec confirme un appel d'offres d'énergie éolienne de 800 mégawatts en Gaspésie

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GASPÉ,, Qc - La première ministre Pauline Marois a confirmé vendredi à l'usine de LM Wind Power de Gaspé un quatrième appel d'offres d'énergie éolienne de 800 mégawatts.

Accompagnée de la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, Mme Marois a précisé que la priorité était de consolider la filière.

Avec cette annonce, et d'autres à venir, l'industrie peut espérer filer jusqu'en 2024, selon le gouvernement. L'année suivante, en 2025, la filière devrait être en mesure d'évoluer de manière autonome suivant le renouvellement des parcs éoliens, ce qui viendra remplir les carnets de commandes.

Les 800 mégawatts annoncés devraient permettre de générer des investissements de 2 milliards $ au Québec.

La première ministre Marois a affirmé que son gouvernement évitera du même coup des pertes d'emplois après 2015, au moment où les commandes des manufacturiers risquaient de fléchir, dans un secteur qu'elle estime névralgique.

«La filière éolienne au Québec, ce sont cinq entreprises manufacturières qui emploient près de 800 personnes. Ce sont également plus de 150 entreprises qui fournissent des services ou des composantes d'éoliennes et génèrent plus de 2000 emplois directs. C'est donc une industrie très importante», a indiqué la première ministre.

La ministre Ouellet, pour sa part, a réitéré la volonté du gouvernement d'inscrire cet investissement dans une philosophie de développement durable.

«L'éolien et l'hydroélectricité, c'est la meilleure complémentarité possible d'énergie verte. Le Québec veut se donner une vision à long terme pour l'éolien dans sa future politique énergétique», a-t-elle dit.

Le bloc de 800 mégawatts se répartit en quatre volets. Un premier 150 mégawatts sera destiné à un projet regroupant trois communautés micmacs de Gaspésie, 300 mégawatts seront octroyés par appel d'offres pour des projets dans les régions de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent, 200 mégawatts sont destinés à Hydro-Québec Production et le dernier 150 mégawatts sera attribué à des projets dans l'ensemble du Québec.

Les appels d'offres viseront des projets initiés par des communautés locales ou des coopératives, en partenariat avec des investisseurs privés.

Le Québec est le deuxième plus grand producteur d'énergie éolienne au Canada, après l'Ontario, avec plus de 1700 mégawatts implantés, soit plus de 26 pour cent du total de la puissance installée au Canada.

La Fédération québécoise des municipalités (FQM) s'est évidemment réjouie de cette annonce, notamment en raison de la volonté exprimée d'intégrer les communautés locales dans le développement de la filière.

«La première ministre contribue non seulement au maintien et à l’essor d’une expertise dans un secteur d’avenir, mais elle s’assure également d’un maximum de retombées des projets au plan local en plus de permettre aux municipalités de se doter d’un puissant levier de développement», écrit le président de la FQM, Bernard Généreux, dans un communiqué.

Du même souffle, M. Généreux revient à la charge avec une demande déjà bien connue de la Fédération, soit que la prochaine stratégie énergétique fasse une place non seulement à la filière éolienne, mais aussi à l’ensemble des filières énergétiques communautaires, dont celle de la petite hydraulique.

Sans surprise, l'Association québécoise de la production de l'énergie renouvelable (AQPER) et l'Association canadienne de l'énergie éolienne (CanWEA) se réjouissent de cette annonce.

«Tous doivent travailler en partenariat pour que ces 800 mégawatts soient déployés entre 2016 et 2017, et l'industrie éolienne collaborera avec le gouvernement pour atteindre cet objectif », a souligné Jean-François Nolet, vice-président de l'Association canadienne de l'énergie éolienne.

Les groupes environnementalistes, ardents défenseurs de la filière éolienne, ont évidemment applaudi à leur tour. Ainsi, l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) y voit un ajout d'énergie bénéfique non seulement pour le Québec mais aussi pour ses voisins.

Dans un communiqué, l'AQLPA souligne que «les surplus que connaît en ce moment le Québec sont davantage une occasion qu’un problème. Il est possible d’exporter ces surplus d’énergie, de façon profitable, vers les marchés voisins tels que l’Ontario, les provinces atlantiques ou les États-Unis sachant que cette énergie propre et renouvelable pourra éliminer des énergies sales et redoutables au profit de tous, tant financièrement qu’écologiquement.»

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