POLITIQUE
09/05/2013 12:06 EDT | Actualisé 09/07/2013 05:12 EDT

Le conservateur Rob Anders appelle à la nomination de plus de candidats pro-vie

CP

OTTAWA - L'heure est venue pour les militants anti-avortement de s'investir en politique afin de sélectionner des candidats pro-vie qui tenteront de se faire élire aux Communes, plaide un député conservateur.

L'Albertain Rob Anders a demandé aux quelques milliers de militants réunis pour manifester contre l'avortement sur la colline parlementaire à Ottawa de sélectionner plus de candidats pro-vie aux prochaines élections.

«Vous êtes probablement 20 000 ici aujourd'hui: cela représente 65 personnes pour chacune des 308 circonscriptions au Canada. Je vous demande d'envisager sérieusement de trouver 10 de vos amis pour appuyer cette cause quand viendra le temps des nominations en 2015», a-t-il lancé à la foule.

Derrière lui, une vingtaine d'élus s'apprêtaient à leur tour à prendre la parole. «Les hommes derrière moi sont montés au créneau et, ce faisant, ils se sont fait des ennemis. Ils vont avoir besoin de l'aide de ces gens pour continuer leur travail», a-t-il ajouté.

C'est justement à travers les députés individuellement que les militants opposés à l'avortement comptent désormais pour faire avancer leur cause.

L'une des figures de proue du mouvement, Faytene Grasseschi, a admis avoir été déçue par le gouvernement conservateur de Stephen Harper, qui martèle qu'il ne rouvrira pas le débat sur l'avortement.

En conférence de presse juste avant la manifestation qui rassemble chaque année des militants pro-vie, la directrice de «Back to life Canada» a confié qu'elle n'attendait rien du gouvernement.

«Notre espoir n'est pas en le Parti conservateur. Notre espoir est en la volonté et la compassion des parlementaires formant un tout», a-t-elle signalé.

Elle était à la tête de 25 femmes, qui ont fait le trajet Montréal-Ottawa à pied, une marche qui s'est échelonnée sur 10 jours, avec l'espoir de rallier des gens à leur bataille.

Si on a parlé d'avortement à Ottawa ces derniers mois, c'était justement à chaque fois à cause de motions d'initiative privée.

À l'automne, le député conservateur ontarien Stephen Woodworth avait récolté l'appui de 91 des 308 députés pour sa motion M-412 qui aurait mis sur pied un comité parlementaire chargé d'étudier à quel moment un foetus devient un «être humain».

La ministre de la Condition féminine Rona Ambrose avait elle-même voté en faveur de cette motion vue par ses détracteurs comme une façon détournée de rouvrir le débat sur l'avortement.

Le député conservateur de Colombie-Britannique Mark Warawa avait immédiatement déposé une nouvelle motion qui condamnait cette fois les avortements sexo-sélectifs. La motion a été déclarée non-votable.

C'est d'ailleurs sous le thème de la lutte contre l'avortement des foetus féminins que s'est déroulé l'édition 2013 de la marche pro-vie.

Jeudi à la manifestation, M. Warawa a assuré qu'il ne baissait pas les bras. «Ensemble, nous allons continuer à nous battre, et nous allons gagner (...). Pas à pas, nous allons de l'avant.»

«Continuez votre travail ici et dans vos communautés et nous allons le faire ici à Ottawa», lui a fait écho le député ontarien Kyle Seeback.

Selon l'ex-député Pat O'Brien, le caucus pro-vie de la Chambre des communes subit énormément de pression pour «être tranquille, rester dans les rangs et ne pas se tenir debout publiquement en faveur de la vie. Ils ont défié cette pression», a-t-il tranché.

Mais pour Niki Ashton, porte-parole néo-démocrate en matière de Condition féminine, il est hypocrite de la part du gouvernement Harper de laisser ses députés tenter de faire «reculer» la cause des femmes plus de 25 ans en arrière.

«L'agenda du gouvernement Harper démontre qu'il est anti-choix à plusieurs occasions. Je crois que ça doit être une préoccupation pour les femmes et les hommes canadiens», a-t-elle soutenu.