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08/05/2013 03:35 EDT | Actualisé 08/07/2013 05:12 EDT

USA: l'ex-PDG d'Enron s'entend avec les autorités sur une peine de prison

L'ex-PDG d'Enron Jeffrey Skilling a trouvé mercredi un accord avec les autorités américaines qui devrait réduire sa peine de prison et mettre fin à des années de rebondissements judiciaires sur cet énorme scandale financier qui avait marqué le début des années 2000.

D'après des documents judiciaires, M. Skilling et les autorités se sont entendus sur une durée d'emprisonnement de 14 ans à 17 ans et demi.

C'est une nette réduction comparé aux 24 ans et 4 mois auxquels M. Skilling avait été condamné en 2006. Reconnu coupable de 19 chefs d'inculpation, notamment de fraude et de complot, il est incarcéré depuis décembre de la même année dans une prison fédérale du Colorado (centre-ouest).

M. Skilling était devenu PDG du courtier en énergie Enron début 2001. Enron avait fait faillite quelques mois plus tard à cause de malversations comptables orchestrées par ses dirigeants, mettant plusieurs milliers de personnes au chômage et ruinant ses actionnaires.

M. Skilling avait été condamné pour avoir dissimulé les pertes du groupe et exagéré la valeur de l'action tout en vendant ses propres titres.

Un autre ancien PDG d'Enron, Kenneth Lay, avait aussi été jugé coupable, mais il était mort avant que sa sentence soit prononcée.

La culpabilité de M. Skilling avait été confirmée en 2011 par une cour fédérale d'appel, mais il attendait toujours une nouvelle sentence.

Celle-ci sera prononcée par un juge le 21 juin, lors d'une audience prévue pour 13H30 locales (17H30 GMT), a précisé mercredi le département de la Justice (DoJ).

"L'accord d'aujourd'hui va mettre un terme aux batailles judiciaires autour de cette affaire", s'est félicité mercredi un porte-parole du DoJ.

"M. Skilling ne pourra plus contester sa condamnation pour l'une des fraudes les plus célèbres de l'histoire américaine, et les victimes de son crime recevront finalement les plus de 40 millions de dollars de restitutions auxquels elles ont le droit", a-t-il ajouté.

D'après les documents judiciaires, M. Skilling a en effet accepté de renoncer à toutes ses possibilités d'appel restantes. Il ne contestera pas non plus le versement aux victimes de l'affaire Enron de plus de 40 millions de dollars tirés de la confiscation de ses actifs et bloqués depuis des années dans l'attente de l'aboutissement de la procédure judiciaire.

"L'accord proposé apporte de la certitude et un aboutissement à une procédure longue et douloureuse", a commenté de son côté l'avocat de M. Skilling, Daniel Petrocelli.

"Bien que la sentence recommandée pour Jeff reste plus du double de celle de tous les autres accusés d'Enron, tous sortis de prison depuis longtemps, Jeff aura au moins une chance de récupérer une partie importante de sa vie", a-t-il ajouté.

L'affaire Enron est devenue un symbole des grands procès pour méga-fraude intentés dans les années 2000 contre des chefs d'entreprises américains. Les patrons de l'opérateur télécoms Worldcom ou du conglomérat industriel Tyco avaient notamment été condamnés à de très lourdes peines.

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