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08/05/2013 08:57 EDT | Actualisé 08/07/2013 05:12 EDT

Témoignage avorté d'un agent : le Sénat estime que la GRC a pu porter atteinte à son privilège

Le président du Sénat, Noel Kinsella, a estimé mercredi que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a potentiellement porté atteinte au privilège des parlementaires d'entendre un agent qui souhaitait parler du harcèlement au sein de la GRC.

Toute obstruction contre une personne qui a témoigné devant un comité du Sénat, ou qui envisage de témoigner, est une ingérence dans le Sénat lui-même, et ne peut être tolérée Noel Kinsella, président de la chambre

La GRC a découragé l'agent Roland Beaulieu, en congé depuis deux ans pour raison de stress, de partir de la Colombie-Britannique pour se rendre à Ottawa témoigner devant un comité sénatorial qui étudie le projet loi C-42 sur les pouvoirs de la GRC.

L'agent en question, Roland Beaulieu, souffre de stress post-traumatique. Il a confié au réseau anglais de Radio-Canada que ses problèmes découlaient d'un climat de travail hostile. Il a reçu la semaine dernière un courriel de la médecin-chef de la GRC lui indiquant que s'il était apte à voyager, il devait être apte à reprendre son travail administratif.

Le Président et la Chambre ont appuyé à l'unanimité une motion afin que l'affaire soit étudiée plus en profondeur par le comité sénatorial sur les privilèges.

Cette étude pourrait débuter dès la semaine prochaine. L'agent Roland Beaulieu, et d'autres agents de la GRC pourraient être invités à nouveau à témoigner devant le comité sénatorial.

Le sénateur libéral et leader de l'opposition au Sénat James Cowan avait soulevé la question de privilège mardi.

L'histoire de l'agent Beaulieu a soulevé des débats tant à la Chambre haute qu'à la Chambre basse. Le député Randall Garrisson, porte-parole de l'opposition néo-démocrate en matière de sécurité publique, a lancé mardi que le ministre de la Sécurité publique muselait les agents de la GRC, ce qu'a contesté le ministre Vic Toews.