NOUVELLES
08/05/2013 11:32 EDT | Actualisé 08/07/2013 05:12 EDT

Séquestration à Cleveland : Castro a comparu

Ariel Castro, soupçonné d'avoir enlevé, séquestré et agressé sexuellement trois jeunes femmes pendant des années dans sa maison, a comparu jeudi matin au palais de justice de Cleveland devant une salle bondée. L'homme de 52 ans a été formellement accusé de quatre séquestrations (pour les trois femmes et la petite fille dont l'une d'entre elles a accouché pendant sa captivité) et de viols.

Le montant de sa caution a été fixé à 8 millions de dollars. L'accusé, arrêté lundi soir quelques heures après la libération de ses présumées victimes, va donc vraisemblablement demeurer derrière les barreaux au moins jusqu'à sa prochaine comparution.

Ses deux frères, Pedro et Onil Castro, qui avaient aussi été arrêtés, ont également comparu jeudi, mais pour des accusations mineures en matière d'alcool et de drogue. Après avoir interrogé les trois victimes, la police a conclu qu'ils n'ont pas été complices d'Ariel Castro dans cette affaire.

En conférence de presse, mercredi, peu de détails ont été fournis sur les conditions dans lesquelles Amanda Berry, Michelle Knight et Gina DeJesus ont été gardées en captivité pendant toutes ces années. Les policiers ont toutefois indiqué en début de journée que les femmes étaient vraisemblablement attachées à l'aide de cordes et de chaînes.

Un conseiller municipal mis au courant du dossier, Brian Cummins, a pour sa part affirmé qu'elles avaient été victimes de sévices sexuels et de violence psychologique pendant des années.

« Nous savons que les victimes ont confirmé avoir fait des fausses couches, mais de qui, combien et dans quelles conditions, nous l'ignorons », a ajouté M. Cummins.

M. Tomba a quant à lui affirmé que les femmes se souvenaient d'être sorties de la maison seulement deux fois pendant toutes les années où elles ont été séquestrées dans la maison.

Avant lundi, elles n'avaient jamais eu l'occasion de tenter une évasion, a-t-il ajouté. Les trois femmes n'étaient pas dans la même chambre, mais elles savaient qu'elles n'étaient pas seules.

M. Tomba a précisé qu'Ariel Castro se soumettrait à un test de paternité afin d'établir s'il est le père de la fillette de six ans à qui Amanda Berry a donné naissance.

Le beau-frère des trois suspects a affirmé mercredi que la famille était en état de choc après avoir été mise au courant de l'histoire sordide d'Amanda Berry, 27 ans, Michelle Knight, 32 ans, et Gina DeJesus, âgée d'environ 23 ans, qui auraient été gardées captives dans la maison depuis qu'elles étaient adolescentes ou au début de la vingtaine.

Quelques heures avant le dépôt des accusations contre Ariel Castro, Amanda Berry s'était rendue au domicile de sa soeur sous les applaudissements de centaines de voisins et devant une nuée de journalistes.

La soeur de la jeune femme, Beth Serrano, a brièvement pris la parole pour remercier la communauté de son soutien, mais aussi pour demander que l'on respecte l'intimité de sa famille pendant cette période difficile.

Les policiers n'ont pas précisé comment les femmes ont été enlevées. Sur le plateau de l'émission Today, mercredi, le chef de police Michael McGrath a signalé que les femmes étaient attachées à l'intérieur de la résidence et qu'elles étaient laissées libres dans la cour arrière de temps en temps.

M. McGrath s'est également porté à la défense du corps policier de Cleveland, qui a selon lui « absolument » tout fait pour retrouver les jeunes femmes.

Depuis le dénouement de cette histoire abracadabrante, les autorités policières sont sous le feu des critiques.

Les voisins de la maison délabrée de Cleveland où trois jeunes femmes ont été retrouvées lundi, près de dix ans après leur disparition, affirment que les policiers ont été appelés sur les lieux à au moins deux reprises au fil des ans.

Un voisin a soutenu qu'une femme avait été aperçue derrière la maison il y a quelques années, rampant nue. Un autre a entendu des coups contre les portes de la demeure et a remarqué que des sacs de plastique couvraient les fenêtres.

Lorsqu'ils ont été alertés, les policiers se sont rendus sur les lieux sans jamais pénétrer dans la résidence, selon des voisins. Ils ont également visité la demeure brièvement en 2004.

Les trois captives ont été secourues après que l'une d'elles eut défoncé à coups de pied un moustiquaire, ce qui lui a permis de s'enfuir. Elle a ensuite appelé le 9-1-1 avec le téléphone d'une voisine.