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08/05/2013 05:44 EDT | Actualisé 08/07/2013 05:12 EDT

Les éoliennes au Québec : pactole ou cauchemar?

La construction d'un parc éolien à Sainte-Sophie-d'Halifax, une municipalité située entre Thetford-Mines et Victoriaville, suscite colère et opposition.

Cette controverse dans cette région administrative du Centre-du-Québec survient alors que, dans une autre région, soit la Gaspésie,les fabricants d'éoliennes réclament depuis des mois l'octroi, par Québec, de 700 mégawatts d'électricité. (Le gouvernement québécois avait promis que cet octroi serait effectué d'ici 2015.)

Ce débat est d'autant plus relancé que la première ministre du Québec, Pauline Marois, est attendue jeudi et vendredi, en Gaspésie. Pauline Marois, accompagnée de la ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet, doit annoncer un plan de relance de l'économie de cette région. Le cabinet de Mme Marois s'est jusqu'ici refusé à préciser la teneur de ce plan.

Or, sans nouvelles éoliennes, les principaux acteurs de cette industrie menacent de fermer les usines de la Gaspésie. L'industrie compte déjà sur l'appui de certains ministres péquistes, notamment de la région gaspésienne.

Cependant, dans les régions où l'on prévoit installer de nouvelles éoliennes, il y a une vive opposition. Des citoyens jugent inutiles ces nouvelles éoliennes alors qu'Hydro-Québec enregistre des surplus d'électricité.

Dans la municipalité de Sainte-Sophie-d'Halifax, par exemple, la question de l'énergie éolienne déchire la population. « On n'est pas contre l'éolien, mais allez les planter dans un endroit où ça ne dérange pas! », affirme Yvon Bourque, propriétaire d'une maison à Sainte-Sophie-d'Halifax devant laquelle Hydro-Québec a construit un poste de transformation.

La maison de M. Bourque sera bientôt encerclée par 22 éoliennes. Yvon Bourque, appuyé par ses voisins, dénonce le projet d'Hydro-Québec.

Mais d'autres appuient ce projet. Pour les maires de cette région, toute nouvelle activité économique est bienvenue puisque des mines - d'amiante par exemple - ont fermé, de même qu'un hôpital qui employait plus de 700 personnes.

Le Québec s'est lancé dans l'éolien il y a 10 ans pour prévenir les pénuries d'électricité, développer une industrie verte et créer des emplois en Gaspésie. Selon Patrick Pellerin, président et directeur général de Marmen, le marché de l'énergie éolienne est en plein essor en Amérique du Nord.

Cependant, pour obtenir des contrats, les fabricants d'éoliennes ont dû ouvrir une usine à Matane. Ces entreprises demandent maintenant au gouvernement de respecter ses engagements. Car les carnets de commandes se vident et ce, en dépit d'une forte demande aux États-Unis. L'entrave au développement de l'éolien québécois vient des coûts de transport, énormes, des mats d'éolienne au-delà d'une distance de 600 km. Si leurs difficultés ne s'estompent pas, les usines de fabrication d'éoliennes en Gaspésie menacent de devoir fermer leurs portes, ce qui entraînerait des mises à pied.

D'après des informations de Vincent Maisonneuve