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08/05/2013 03:21 EDT | Actualisé 08/07/2013 05:12 EDT

L'enquête volontaire et le recensement obligatoire sont difficiles à comparer

OTTAWA - Le premier ensemble de données issues de l'Enquête nationale auprès des ménages, menée en 2011 par Statistique Canada, a été publié mercredi assorti d'un avertissement digne d'un paquet de cigarettes: faites des comparaisons historiques à vos risques et périls.

En dernières pages de la plupart des documents de Statistique Canada se trouve une mise en garde qui rappelle que l'Enquête nationale auprès des ménages (ENM) est un document complètement différent du formulaire détaillé obligatoire du recensement, dont l'abolition par les conservateurs en 2010 avait provoqué la controverse.

Des démographes, analystes et spécialistes de la question avaient alors soutenu que la qualité des données pourrait souffrir du changement, particulièrement en ce qui concerne l'étude de plus petites zones géographiques — par exemple de petites municipalités et des quartiers précis. Une note aux lecteurs sur la comparabilité des deux ensembles de données semble valider cette crainte.

«La comparaison des estimations de l'ENM aux chiffres produits à partir du questionnaire complet du Recensement de 2006 doit être faite avec prudence, tout spécialement lorsque l'analyse s'intéresse à de petits niveaux de géographie», avertit Statistique Canada.

L'agence a expliqué que les résultats de l'ENM risquaient aussi de ne pas correspondre aux données du recensement dans les subdivisions de recensement de moins de 25 000 personnes, alors que les résultats pour les communautés plus grandes étaient sensiblement les mêmes en 2006 et en 2011.

Par ailleurs, l'agence a décidé de ne pas publier les données de 1128 petites municipalités et quartiers, en raison du faible taux de réponse. Ce sont des châteaux-forts conservateurs, principalement à l'ouest du pays et dans des régions rurales, qui sont ainsi laissées sans données.

La Saskatchewan avait les pires résultats, l'information n'ayant pas été publiée pour 43 pour cent des communautés.

Le ministre de l'Industrie, Christian Paradis, a souligné dans un communiqué mercredi que davantage de Canadiens avaient rempli le nouveau sondage que l'ancien formulaire détaillé de recensement. «Notre gouvernement est déterminé à recueillir des données statistiques tout en protégeant le droit à la vie privée des Canadiens», a noté le ministre.

«Les résultats sont au rendez-vous: plus de 2,5 millions de ménages ont répondu au questionnaire, soit un taux de réponse de 68 pour cent. Cela en fait la plus vaste enquête à participation volontaire jamais menée au Canada», s'est-il félicité.

Plus de gens ont rempli l'ENM parce que le gouvernement a augmenté la proportion de ménages qui ont reçu le formulaire, mais le sondage volontaire était loin d'atteindre le taux de réponse de 94 pour cent auquel on s'attendait avec le traditionnel formulaire détaillé de recensement.

Des statisticiens ont souligné que l'enjeu avec un formulaire volontaire concernait non seulement le nombre de personnes qui participaient, mais aussi qui acceptaient de le remplir. Certains groupes sont moins susceptibles de retourner les formulaires, par exemple les personnes à faible revenu et les Autochtones. Cela crée une distorsion qui est difficile à corriger.

Statistique Canada a suggéré que certaines questions importantes du sondage demeurent incluses dans le formulaire court du recensement, qui est toujours obligatoire, afin d'assurer des données fiables.

Le ministre Paradis a indiqué que le gouvernement considérait des façons d'améliorer le processus. «Il s'agissait de la première Enquête nationale auprès des ménages. Notre gouvernement étudiera diverses options afin de rehausser la qualité et la fiabilité des données qui seront recueillies lors du cycle du recensement de 2016», a-t-il soutenu mercredi.