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08/05/2013 06:35 EDT | Actualisé 08/07/2013 05:12 EDT

Ariel Castro, un homme à deux visages, inculpé pour enlèvements et viols

Principal suspect dans l'enquête sur les séquestrations de Cleveland (Ohio, nord des Etats-Unis), inculpé pour enlèvements et viols, Ariel Castro est un homme à deux visages, musicien et apprécié de certains, violent et craint par d'autres.

Cet homme apprécié dans son quartier, bassiste à ses heures, mais jugé violent par des proches et plusieurs fois accusé de violence domestique, a été inculpé pour viol sur les trois femmes retrouvées en début de semaine dans sa maison, ainsi que pour leur enlèvement et la séquestration d'une petite-fille de 6 ans, qui a vu le jour durant la captivité de sa mère, Amanda Berry.

Avec ses deux frères Pedro, 54 ans, et Onil, 50 ans, ce chauffeur de bus scolaire âgé de 52 ans avait été arrêté lundi pour avoir enlevé et séquestré pendant dix ans Amanda Berry, 27 ans, Gina DeJesus, 23 ans, and Michelle Knight, 32 ans. Aucune charge n'a été retenue contre les deux frères.

Les trois jeunes femmes ont été libérées d'une maison à deux étages et quatre chambres que Castro détenait au 2207, Seymour Avenue, dans un quartier populaire et hispanique de Cleveland.

Ariel était fier de son origine porto-ricaine, et le drapeau de Porto-Rico flottait à côté de celui des Etats-Unis sous le porche de sa maison, qui fait actuellement l'objet d'une saisie pour non-paiement de frais immobiliers, selon le quotidien local Plain Dealer.

Castro vient d'une famille nombreuse, qui a émigré aux Etats-Unis après la Seconde Guerre mondiale d'une région porto-ricaine célèbre pour son café, vers la très industrielle Cleveland.

Sa demi-soeur Noemi Castro a exprimé sa "surprise" dans un entretien au Washington Post. "Je n'aurais jamais cru qu'Ariel ferait quelque chose comme ça, jamais", a-t-elle dit, selon les propos rapportés par le journal.

Son père Nona Castro, mort en 2004, gérait un parking de voitures d'occasion. Et son oncle Julio "Cesi" Castro, 78 ans, reste un des piliers de la communauté hispanique de la ville, depuis son magasin caribéen dont il s'occupe toujours.

Sur Seymour Avenue, Castro avait plutôt bonne réputation.

"Je vis là depuis un an. J'ai fait des barbecues avec ce type, on a mangé des travers de porc et d'autres trucs et j'ai écouté de la salsa. Rien ne m'a jamais laissé penser qu'il y avait des filles dans cette maison", a raconté Charles Ramsey, le voisin qui a permis à Amanda de s'échapper puis de prévenir la police.

Ramsey se rappelle avoir vu Castro dans le jardin de sa maison jouer avec ses chiens. Sur sa page Facebook, Castro indique aimer les chiens chinois et bricoler des voitures et des vélomoteurs.

Un autre voisin, Roberto Diaz, cité par le Washington Post, affirme même qu'Ariel Castro participait à des événements menés pour retrouver les filles disparues, comme des marches en leur honneur ou des distributions de prospectus. Il était connu de l'une des victimes, Gina DeJesus, qui était selon des témoignages très amie avec l'une de ses filles.

Julio Castro, cependant, raconte que son neveu s'est isolé de la famille après la mort de son père en 2004, année de la disparition de Gina, un an après celle d'Amanda et deux ans après celle de Michelle.

"Peut-être qu'il était ce genre de personnes qui a deux vies", a-t-il déclaré sur CNN.

En 2005, l'ancienne femme de Castro, Grimilda Figueroa, décédée l'an dernier, avait porté plainte contre lui, l'accusant d'avoir "souvent enlevé" leurs deux filles et de les avoir "empêché d'être avec (leur) mère".

Les documents judiciaires indiquent en outre que Grimilda Figueroa avait eu deux fois le nez brisé, des côtes cassées, les épaules luxées, et qu'elle avait demandé au juge "d'empêcher (Castro) de menacer de la tuer".

Le fils du couple, Anthony Castro, 31 ans, qui travaille dans la banque à Cincinnati (Ohio), a raconté au quotidien britannique Daily Mail que sa mère avait quitté la maison avec ses trois enfants en 1996 après plusieurs épisodes de violence conjugale. "J'ai été battu aussi", a-t-il affirmé.

Anthony a aussi précisé que, lorsqu'il rendait visite à son père, quelques fois par an, la rencontre ne durait pas plus de 20 minutes et son père lui interdisait l'accès à certaines pièces de la maison.

Pendant 22 ans, Castro a conduit des bus scolaires, non sans provoquer quelques incidents, qui l'ont finalement conduit au licenciement en novembre, selon Plain Dealer.

Après son travail, Castro jouait de la basse et était membre depuis quinze ans d'un groupe de musique latino, Grupo Kanon.

"Il est devenu de plus en plus sur la défensive ces dernières années", a indiqué le leader du groupe, Ivan Ruiz, qui le connaît depuis vingt ans. "C'était comme s'il ne pouvait pas quitter sa maison". "Il était bizarre. Il était toujours en retard pour les répétitions ou les concerts" et "je l'ai viré l'an dernier".

Une cousine des trois frères, Maria Castro-Montres, a confié à l'AFP mercredi sa "honte". "Quelqu'un capable de telles choses est un psychopathe qui a réussi à le cacher pendant de nombreuses années".

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