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07/05/2013 07:38 EDT | Actualisé 07/07/2013 05:12 EDT

Syrie: John Kerry essaie de faire pression sur la Russie

MOSCOU - Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a pressé mardi le président russe Vladimir Poutine de durcir le ton face à la Syrie, alors que les frappes israéliennes contre cet État du Moyen-Orient qui s'enlise dans la guerre civile ajoutent un facteur imprévisible au conflit.

Lors de leur rencontre, M. Kerry, ancien sénateur du Massachusetts, a remercié M. Poutine de sa coopération dans l'enquête sur les attentats du marathon de Boston.

En ce qui concerne la Syrie, M. Kerry a fait valoir que les États-Unis et la Russie partageaient les mêmes intérêts, soit la stabilité dans la région, un désir de prévenir la montée de l'extrémisme et l'espoir de voir la paix en Syrie un jour.

En se dirigeant vers les pourparlers, M. Kerry a dit espérer trouver un terrain d'entente avec les Russes sur la Syrie. M. Poutine a pour sa part indiqué qu'il avait hâte de travailler avec le leader américain sur les défis contemporains.

Moscou est l'allié le plus puissant du régime du président syrien Bachar el-Assad.

Selon des responsables, M. Kerry espère changer la façon de voir les choses de Moscou en soulignant aux dirigeants russes que les États-Unis envisagent plus sérieusement que jamais d'armer les rebelles syriens, en plus de leur rappeler que le gouvernement syrien semble avoir utilisé des armes chimiques pour tenter d'écraser l'insurrection.

Une frappe aérienne menée par Israël en Syrie le week-end dernier, et qui aurait coûté la vie à 42 soldats syriens, a aussi ajouté une nouvelle note d'urgence à ce dossier.

La volonté d'Israël d'attaquer des cibles syriennes qu'il perçoit comme constituant une menace à son existence a compliqué le débat sur la Syrie au sein même de l'administration Obama.

Les actions d'Israël envoient le signal à Damas et à Moscou que les États-Unis et ses alliés pourraient ne pas attendre une approbation de la communauté internationale avant de s'engager davantage dans le conflit syrien.

Israël n'a pas officiellement revendiqué les frappes, mais des responsables syriens accusaient Israël lundi, qualifiant le geste de «déclaration de guerre».

La Russie et la Chine ont déjà bloqué à trois reprises, aux Nations unies, les tentatives de Washington de faire pression sur le régime syrien.

Les États-Unis espèrent que les actions de la Syrie changeront la réaction de la Russie.

Par ailleurs, un groupe militant palestinien établi en Syrie, le Front populaire pour la libération de la Palestine - Commandement général, a déclaré mardi que le président Bachar el-Assad lui avait donné son accord pour préparer des missiles pour attaquer Israël.