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07/05/2013 08:12 EDT | Actualisé 07/07/2013 05:12 EDT

Percé fait fi d'Ottawa et rouvre son quai; le fédéral tarde à réagir

OTTAWA - Alors que Percé tient tête à Ottawa en rouvrant son quai contre sa permission, le gouvernement fédéral refuse pour l'instant de dire s'il a l'intention de sévir contre la petite ville touristique.

Les autorités municipales ont déplacé mardi matin les blocs de béton et les barrières qui bloquaient l'accès au quai, permettant ainsi aux piétons d'y circuler librement.

À quelques jours seulement de l'ouverture de la saison touristique jeudi dernier, Pêches et Océan Canada avait unilatéralement fermé le quai après y avoir remarqué une fissure.

Le lendemain, le maire de Percé, Bruno Cloutier, lançait un ultimatum au fédéral, exigeant que le ministère retire les entraves avant 16 heures, lundi. Le conseil de ville a approuvé lundi soir un démantèlement partiel visant à redonner aux piétons un accès au quai.

C'est de cet endroit que partent les bateaux touristiques permettant aux visiteurs d'aller voir les impressionnantes colonies de fous de Bassan nichées sur l'Île Bonaventure. Et le temps presse: le bureau touristique de la ville ouvre lundi prochain et les croisières d'un jour devraient s'amorcer avant la fin du mois.

La responsable du volet tourisme de la ville de Percé, Marie Leblanc, a indiqué avoir eu à rassurer les visiteurs et ceux qui planifient leurs vacances sur l'avenir du quai au cours des derniers jours.

«Je ne crains pas nécessairement pour la vitalité de la saison touristique. Ce qui est un peu préoccupant en ce moment, c'est toute l'énergie qui est mise là-dessus plutôt que sur la promotion de Percé», a-t-elle noté.

Le gouvernement fédéral répète pour sa part qu'il fallait agir pour des questions de sécurité du public.

Michel Plamondon, porte-parole Pêches et Océans Canada à Québec, a signalé que la firme d'ingénieurs indépendante Cima + se livrait à une inspection minutieuse de la structure du quai.

«On devrait recevoir au cours des prochains jours un rapport préliminaire qui va pouvoir vraiment nous indiquer l'état réel. Et puis on verra, pour la suite des choses, dès qu'on aura ce rapport-là», a-t-il indiqué au téléphone.

Entre-temps, impossible de savoir si Ottawa entend remettre en place les clôtures qui empêchaient la circulation sur le quai ni pourquoi il a choisi d'avoir recours à une firme privée dans le dossier.

Questionné à la période de question aux Communes par le Nouveau Parti démocratique (NPD), le ministre des Pêches et des Océans n'a pas semblé voir le dossier comme une priorité pour son ministère.

«Je sais que le député de l'opposition est pleinement conscient du rôle d'un port de petites embarcations, et nous nous concentrons sur les quais principaux de bateaux de pêcheurs. Il y a approximativement trois pêcheurs à temps plein utilisant le port de Percé (...)», a tranché Keith Ashfield.

Le ministre d'État au tourisme, Maxime Bernier, s'est pour sa part dit bien content que des inspecteurs indépendants aient été appelés en renfort.

«Ce qui m’inquiète le plus, c'est la sécurité des piétons qui utilisent le quai. Mais on va savoir dans quelques jours qu'est-ce qui arrive et je suis bien conscient aussi des préoccupations du maire», a-t-il noté.

Mais pour le député de Gaspésie-les-Îles-de-la-Madeleine, Philip Toone, le fédéral doit prendre ses responsabilités quant à l'entretien du quai au plus vite.

«Je comprends que les gens de Percé sont rendus à leur limite», a-t-il insisté.

«C'est la conséquence d'avoir laissé le quai dans un état pitoyable pendant des années. L'effet cumulatif de tout ça, c'est que les gens, ils explosent. L'économie de la région dépend énormément de ce quai-là.»

Le député bloquiste Jean-François Fortin croit de son côté que la vétusté du quai de Percé n'est que la pointe de l'iceberg.

«Le gouvernement fédéral est capable de ne pas entretenir le quai le plus connu de la Gaspésie. Imaginez-vous toutes les infrastructures portuaires, les ports pour petits bateaux, les ports de mer, comment le fédéral accorde peu d'importance à l'entretien.»

(avec la collaboration de Richard O'Leary, CJRG)