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07/05/2013 10:19 EDT | Actualisé 07/07/2013 05:12 EDT

Dalton McGuinty a pris seul la décision de fermer les centrales au gaz

TORONTO, Cananda - L'ancien premier ministre libéral ontarien Dalton McGuinty a avoué mardi avoir lui-même pris la décision d'interrompre la construction de deux centrales électriques au gaz à Oakville et Mississauga, parce qu'elles se situaient à proximité d'écoles et de résidences.

M. McGuinty, qui témoignait sous serment devant la commission parlementaire de la justice, a indiqué que les citoyens avaient raison de s'opposer aux projets, et que son gouvernement avait eu tort de vouloir construire les deux centrales thermiques à ces endroits.

L'ex-premier ministre a ajouté que les libéraux avaient fait adopter une loi pour éviter que des éoliennes industrielles soient situées à moins de 550 mètres des résidences, mais qu'ils n'avaient pas prévu de telles règles pour les centrales électriques au gaz.

M. McGuinty a admis que les 585 millions $ qu'aura coûté l'annulation des deux projets a largement dépassé ce que quiconque avait prévu, mais qu'au moins, les enfants d'Oakville et de Mississauga n'iront pas à l'école trop près d'une centrale thermique.

«Personne, dans mon bureau, n'avait la capacité d'effectuer les calculs associés à ce genre d'ententes contractuelles, ou produire ce genre d'estimations pour, ultimement, connaître les coûts» de l'abandon des projets, a déclaré l'ex-premier ministre.

M. McGuinty rejette par ailleurs l'allégation de l'opposition selon laquelle la construction des centrales au gaz avait été annulée pour conserver des sièges libéraux, et a insisté sur le fait que les trois partis avaient promis de mettre fin à ces projets énergétiques, et pas seulement les libéraux.

Le porte-parole progressiste-conservateur en matière d'énergie, Vic Fedeli, a accusé à plusieurs reprises M. McGuinty d'avoir su à l'avance le prix de l'annulation des contrats de construction des deux centrales.

Son de cloche similaire du côté de la chef néo-démocrate, Andrea Horwath, qui a qualifié de «choquant» le fait que l'ex-premier ministre a admis que n'importe quel prix d'annulation des centrales était satisfaisant pour lui. Elle ne croit pas non plus qu'il ignorait jusqu'à tout récemment le coût total de l'annulation.

«La population de l'Ontario se retrouve avec la facture et ils sont également cyniques par rapport à un gouvernement qui s'est engagé à être redevable.»

M. McGuinty a par ailleurs admis que l'arrêt de la construction de la centrale partiellement érigée de Mississauga, quelques jours avant les élections de 2011, a ajouté au cynisme des électeurs. «Cela crée de véritables défis politiques, mais cela ne nous libère pas de la responsabilité de faire ce que nous croyons être juste», a-t-il dit à des journalistes après l'audience.

M. McGuinty a par ailleurs fait part de son intention de demeurer député d'Ottawa-South jusqu'aux prochaines élections générales, bien qu'il ne se soit présenté qu'une seule fois à l'Assemblée législative depuis sa démission, l'automne dernier, pour le vote sur le discours du Trône du gouvernement minoritaire libéral de son successeur, Kathleen Wynne.