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06/05/2013 04:58 EDT | Actualisé 05/07/2013 05:12 EDT

La gestion du réseau des bibliothèques de Québec confiée au privé

La Ville de Québec garde le cap sur sa politique de privatisation et confie la gestion de son réseau de bibliothèques à l'Institut canadien de Québec (ICQ). La conseillère municipale Julie Lemieux et la présidente du conseil d'administration de l'ICQ, Marie-Claire Lévesque, en ont fait l'annonce lundi.

Ce changement d'organisation entraîne le congédiement de 50 employés temporaires, lesquels se retrouveront sans emploi dès que l'ICQ prendra les rênes, soit le 1er juillet 2013.

Julie Lemieux précise toutefois que ces derniers pourraient être réembauchés. « Ça va dépendre de la démarche que l'Institut va faire, comment on va combler les besoins, mais c'est certain qu'on veut s'assurer que les bibliothèques fonctionnent bien, roulent bien, comme auparavant. Donc, il va y avoir un certain nombre de ces employés-là qui vont être réembauchés. »

L'ICQ s'est d'ailleurs engagé à rencontrer chacun d'entre eux dans le courant des prochaines semaines. 

Les cols blancs en colère

Or, le Syndicat des fonctionnaires municipaux déplore cette façon de faire, et doute même de la légalité de cette démarche. Son président promet de se battre pour invalider le contrat. « Il y a des gens là-dedans qui travaillent à la Ville depuis des années. Ils ne savent même pas s'ils vont être capables de payer leur loyer au mois de juillet, puis au mois d'août. Ils se sont fait dire : dehors. À la limite, il faut qu'ils se fassent réembaucher pour obtenir le même poste qu'ils occupaient quelques heures auparavant à des conditions différentes », s'indigne le président du syndicat, Jean Gagnon.

De son côté, la Ville défend qu'il ne s'agit pas de privatiser, mais de gagner en efficacité en confiant la gestion à une seule instance. « C'est la continuité d'un partenariat avec l'Institut canadien qui a lieu depuis très longtemps. Présentement, l'Institut canadien gère la moitié des bibliothèques du territoire de la Ville de Québec. On pense qu'ils ont l'expertise et ils ont notre confiance pour gérer l'ensemble des bibliothèques de la ville avec la supervision du Service de la culture, qui va rester en appui », dit Julie Lemieux.

Les 75 employés permanents conserveront, quant à eux, leur emploi et leurs conditions de travail. La Ville de Québec continuera à verser leurs salaires, mais ils seront, en quelque sorte, prêtés à l'Institut canadien de Québec, à compter du 1er juillet.

Rappelons que l'ensemble des bibliothèques de la ville formera désormais la Bibliothèque de Québec. Cette nouvelle organisation sera déployée à travers cinq différentes instances : la bibliothèque centrale Gabrielle-Roy, la Maison de la littérature, le réseau des bibliothèques, la bibliothèque hors les murs et la bibliothèque virtuelle.