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06/05/2013 01:33 EDT | Actualisé 05/07/2013 05:12 EDT

Grande manifestation anti-Poutine à Moscou

Des dizaines de milliers d'opposants au président Vladimir Poutine se sont rassemblées lundi dans le centre de Moscou pour souligner l'anniversaire de la manifestation du 6 mai 2012, devenue un symbole de l'opposition et de la contestation en Russie, selon l'un des organisateurs. Pour sa part, la police fait plutôt état de 6000 manifestants.

À la veille de ce rassemblement de grande ampleur, plusieurs centaines d'opposants à Vladimir Poutine ont défilé dimanche dans la capitale, scandant des slogans hostiles au président et comparant ses actions aux purges staliniennes de 1937.

Les principaux dirigeants de l'opposition et le blogueur anticorruption Alexeï Navalny n'ont pas participé à la marche, mais ont prévu manifester lundi sur la place Bolotnaïa pour souligner cet anniversaire.

Le rassemblement du 6 mai 2012 avait réuni plus de 20 000 personnes, s'était soldé par « des désordres massifs » et avait dégénéré en affrontements. La marche avait été violemment réprimée par les policiers et plus de 400 manifestants avaient été interpellés. L'un d'entre eux a été condamné à quatre ans de prison en novembre dernier, tandis que plusieurs autres attendent toujours leur sentence.

Alexeï Navalny et le chef du Front de gauche, Sergueï Oudaltsov, avaient aussi été arrêtés et condamnés à des amendes. Au lendemain des troubles, soit le jour du retour au Kremlin de Vladimir Poutine, notre correspondant Jean-François Bélanger rapportait que Moscou avait des allures de « ville assiégée ».

Contrôle sur les manifestations

L'été dernier, la chambre haute du Parlement russe a approuvé une loi contre les manifestations qui multiplie par 150 l'amende prévue pour toute participation à un rassemblement non autorisé. Avec cette loi, l'amende maximale passe de 2000 à 300 000 roubles (de 61 $ à 9300 $ canadiens).

Il s'agit d'une amende plus sévère que pour beaucoup d'autres méfaits en Russie, notamment la violation d'entrepôts de matériel nucléaire.

Le Kremlin a commencé à réprimer plus sévèrement les manifestations depuis l'an dernier lors du retour à la présidence de Vladimir Poutine. Ce dernier a été président du pays de 2000 à 2008, puis a été le premier ministre de Dimitri Medvedev pendant quatre ans, la Constitution russe limitant à deux le nombre de mandats consécutifs à la présidence.

L'opposition a mobilisé les foules les plus nombreuses - parfois jusqu'à 100 000 personnes - depuis la fin de l'Union soviétique lors de manifestations contre la mainmise de Poutine sur le pays, la victoire de son parti aux élections législatives de décembre 2011, entachées d'irrégularités, ainsi que le scrutin présidentiel de mars 2012. La nouvelle loi apparaît donc comme un nouvel instrument de répression.