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05/04/2013 12:06 EDT | Actualisé 05/06/2013 05:12 EDT

Tunisie: le syndicat UGTT accuse le pouvoir de s'attaquer au droit de grève

Le très puissant syndicat tunisien UGTT a accusé vendredi l'Assemblée nationale constituante (ANC), dominé par les islamistes d'Ennahda et leurs alliés, de chercher à restreindre le droit de grève dans la future Constitution.

"L'article 27 du projet de Constitution établit des restrictions au droit de grève. Or la grève est notre seule arme pour faire pression lors des négociations sociales. Ils essayent de nous arracher cette arme", a dénoncé Houcine Abassi, secrétaire général de l'Union générale tunisienne du travail.

"Ceux qui sont derrière cet article veulent mettre fin au travail syndical, à l'UGTT", a-t-il insisté en conférence de presse, accusant à demi-mot la coalition au pouvoir avec qui la centrale entretient des relations très difficiles.

L'article concerné stipule que le droit de pratiquer la grève est garanti dans la mesure où il ne met pas en danger "la vie, la santé ou la sécurité des gens".

"Nous n'allons pas laisser passer cet article", a prévenu M. Abassi.

L'UGTT, unique syndicat en Tunisie jusqu'à la révolution de 2011 qui a renversé le président Zine El Abidine Ben Ali, revendique un demi-million d'adhérents et dispose d'un ancrage sur l'ensemble du territoire avec 24 branches régionales, 19 fédérations et 21 syndicats généraux.

Le syndicat accuse régulièrement les partisans d'Ennahda, le parti islamiste qui dirige le gouvernement, de chercher à l'intimider ou à l'affaiblir.

La Tunisie a vu ces derniers mois les grèves se multiplier à travers le pays, paralysant régulièrement des pans entiers de l'économie. Ces conflits sociaux, parfois accompagnés de violences, ont nourri la frilosité des investisseurs.

L'équipementier aéronautique français Latécoère a ainsi annoncé fin mars avoir décidé de réduire sa production et ses effectifs en Tunisie en raison des troubles dans le pays.

La Tunisie est aussi plongée dans une crise politique faute de consensus sur la future Constitution. Les autorités espèrent néanmoins que l'ANC achèvera un nouveau brouillon fin avril pour le soumettre au vote des députés en juillet.

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