NOUVELLES
05/04/2013 08:29 EDT | Actualisé 05/06/2013 05:12 EDT

Guatemala: le président Molina est éclaboussé au procès de l'ex-dictateur Montt

GUATEMALA, Guatemala - Un soldat qui témoignait jeudi lors du procès de l'ancien dictateur guatémaltèque Efrain Rios Montt a affirmé avoir commis des atrocités sous les ordres de celui qui est aujourd'hui le président du pays.

Hugo Reyes a déclaré que l'ancien major Otto Perez Molina a ordonné à ses hommes de brûler et de piller un village, avant d'en exécuter les habitants. Ces gestes auraient été commis dans les années 1980, dans le cadre de la «guerre sale» que le gouvernement guatémaltèque livrait à des guérillas de gauche.

M. Perez Molina a éventuellement accédé au grade de général, avant de prendre sa retraite de l'armée. Il a été élu président sous la bannière du Parti patriotique et a pris la tête du pays le 14 janvier 2012.

Le secrétaire général de la présidence a immédiatement réfuté les propos de M. Reyes et indiqué que celui-ci pourrait faire l'objet de poursuites en justice.

Efrain Rios Montt subit son procès aux côtés de son ancien chef du renseignement en lien avec les morts de 1771 Indiens mayas pendant la dictature militaire qu'il a dirigée, du 23 mars 1982 au 8 août 1983. Avec le soutien de Washington, le leader tentait de contrer la guérilla gauchiste au Guatemala.

Julio Velasco Raymundo, un homme de 40 ans qui a été témoin d'un massacre alors qu'il était encore enfant, a déclaré qu'il avait vu les soldats couper la tête d'une personne âgée avant de s'en servir comme ballon de soccer.

Un expert médico-légal, Mario David Garcia, a ajouté que des corps de femmes enceintes avaient été retrouvés dans un charnier qui a été découvert plusieurs années après les faits.

Selon les avocats d'Efrain Rios Montt, rien ne prouve que leur client aujourd'hui âgé de 86 ans a été impliqué dans les massacres commis par les troupes guatémaltèques.

Lorsque le procès s'est mis en branle, les procureurs ont reconnu qu'ils ne détenaient aucune preuve matérielle accablante ou aucun ordre direct émanant de l'ex-dictateur pour soutenir leur cause. Ils espèrent néanmoins prouver, en reconstituant en détails la chaîne de commandement militaire, que Rios Montt devait être au courant des massacres.