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04/04/2013 01:01 EDT | Actualisé 04/06/2013 05:12 EDT

Washington veut que la traque de Joseph Kony se poursuive

NAIROBI, Kenya - Washington refuse que le seigneur de guerre ougandais Joseph Kony échappe à la justice internationale, a déclaré jeudi un responsable du département d'État. La traque doit donc se poursuivre en Centrafrique, et ce, malgré un récent changement de leadership qui a eu pour effet de suspendre les recherches.

Les États-Unis ont offert mercredi une récompense de 5 millions $ pour toute information pouvant mener à la capture de Joseph Kony, chef de l'Armée de résistance du Seigneur, une petite mais brutale bande de guerriers qui enlève des enfants et des adultes pour en faire des soldats ou des esclaves sexuels.

Environ 100 membres des forces spéciales de l'armée américaine travaillent actuellement en collaboration avec les forces africaines en Centrafrique, au Soudan du Sud, au Congo et en Ouganda. Mais depuis que les rebelles ont pris le contrôle de la capitale centrafricaine, il y a une semaine, les efforts visant à localiser Kony ont été interrompus.

D'après Stephen J. Rapp, ambassadeur itinérant au bureau de la Justice criminelle internationale du département d'État, une entente pourrait être conclue afin de relancer les recherches. D'après lui, les rebelles du nouveau gouvernement ne veulent pas non plus de Joseph Kony sur leur territoire et cherchent à éliminer la menace qu'il représente «d'ici les prochains six mois».

«Je pense donc que nous aurons le potentiel pour soutenir les efforts là», a-t-il déclaré jeudi lors d'une conférence de presse téléphonique.

«Les opérations là-bas ont été suspendues. Les gens n'ont pas été retirés. Le travail se poursuivra pour s'assurer que les opérations puissent se poursuivre. C'est dans l'intérêt de la République centrafricaine et dans l'intérêt de tout le monde dans la région.»

Puisque les rebelles ont pris le pouvoir par la force, les États-Unis ont des restrictions sur les activités qu'ils peuvent mener avec les nouveaux leaders. L'Union africaine a choisi de ne pas reconnaître les rebelles comme les nouveaux dirigeants du pays.

Les troupes ougandaises et américaines en Centrafrique pourraient travailler avec les policiers locaux afin de retracer Joseph Kony, a suggéré Stephen J. Rapp, mais le tout reste à déterminer. «On verra. C'est surtout important que les négociations réussissent. Sur cette question, je pense qu'il y a un terrain d'entente. Tout le monde veut que la menace représentée par Joseph Koni disparaisse.»

La récompense offerte mercredi par les États-Unis s'appliquerait non seulement à Joseph Kony, mais aussi à ses lieutenants Okot Odhiambo et Dominic Ongwen et le leader des Forces démocratiques de libération du Rwanda, Sylvestre Mudacumura.

L'Armée de libération du Seigneur est active depuis les années 1980 mais ne compterait plus qu'environ 250 combattants répartis en plusieurs petits groupes difficiles à cerner. La majorité d'entre eux se trouveraient en République centrafricaine.