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04/04/2013 06:03 EDT | Actualisé 04/06/2013 05:12 EDT

Pyongyang aurait posté un missile sur la côte

La Corée du Nord aurait placé un missile le long de la côte est, nouvelle étape dans la guerre, jusqu'ici de mots, qu'elle livre à son voisin et ses alliés.

Selon une agence de presse sud-coréenne qui cite des sources locales, le missile de moyenne portée pourrait atteindre l'ensemble de la Corée du Sud et du Japon, et possiblement l'île américaine de Guam, dans l'océan Pacifique­.

Le missile, selon ce qu'ont pu en voir les services de renseignements de Séoul et Washington, n'aurait toutefois pas la portée nécessaire pour frapper la côte ouest américaine, comme l'avaient affirmé plus tôt des médias japonais.

Les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud doutent que la Corée du Nord dispose réellement de missiles de longue portée et croient qu'elle n'a jamais testé ses missiles de moyenne portée.

Quelques heures auparavant, Pyongyang avait annoncé avoir « ratifié » une frappe nucléaire contre les États-Unis.

« L'escalade de la politique hostile des États-Unis envers la [Corée du Nord] et leurs menaces nucléaires irréfléchies seront anéanties par la volonté de l'ensemble du personnel des forces armées et du peuple ainsi que par les moyens nucléaires plus petits et diversifiés de la [Corée du Nord] », avait indiqué l'état-major général de l'armée nord-coréenne.

Le non-respect par la Corée du Nord des résolutions de l'ONU est « inacceptable », et les initiatives de Pyongyang dans le nucléaire « bloquent » de facto la reprise des pourparlers à six, a estimé jeudi Moscou par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Alexandre Loukachevitch.

Kaesong en jeu

Pour une deuxième journée consécutive, la Corée du Nord a empêché les travailleurs sud-coréens de se rendre au complexe industriel de Kaesong. La zone franche où sont situées plus d'une centaine d'entreprises sud-coréennes qui emploient des travailleurs nord-coréens n'avait pas été fermée plus d'une journée depuis son ouverture, en 2004, en dépit des tensions récurrentes entre les deux voisins, censés la gérer ensemble.

Il s'agit de l'un des seuls symboles de coopération dans la péninsule coréenne. Et pour la deuxième fois depuis l'essai nucléaire nord-coréen de février, Pyongyang a menacé jeudi de fermer complètement Kaesong si Séoul continue à parler d'une intervention militaire.

« Si les marionnettes conservatrices du Sud et leurs médias continuent leur campagne de dénigrement [...], nous prendrons la mesure stricte de retirer l'ensemble de nos travailleurs de la zone industrielle de Kaesong », a indiqué le Comité pour la Réunification pacifique de la mère patrie dans une déclaration relayée par l'agence de presse officielle nord-coréenne.

Le départ des 50 000 Nord-Coréens qui travaillent à Kaesong provoquerait nécessairement la fermeture du site.

Travaux suspects

L'étude de photos satellites datant de la fin du mois de mars démontrerait que la Corée du Nord a entrepris des travaux aux abords du réacteur nucléaire de Yongbyon bien avant d'en faire l'annonce, mardi dernier.

Les chercheurs de l'Institut américano-coréen de l'Université Johns Hopkins, à Baltimore, ont détecté sur les images de signes que Pyongyang a bel et bien entamé la remise en marche de la centrale, fermée en 2007 en raison d'un accord international.

Vendredi, la Corée du Nord s'est déclarée en « état de guerre » contre la Corée du Sud, en plus de poursuivre ses menaces d'attaques nucléaires contre les États-Unis.