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04/04/2013 12:44 EDT | Actualisé 04/06/2013 05:12 EDT

La pêche lointaine chinoise, une menace pour les stocks mondiaux

Les bateaux de pêche chinois capturent 4,6 millions de tonnes métriques de poisson dans les océans de la planète annuellement, soit 12 fois plus que le total déclaré de 368 000 tonnes.

C'est ce que révèle une étude coordonnée par le biologiste Daniel Pauly, de l'Université de la Colombie-Britannique, et publiée dans les revues Fish and Fisheries et Nature.

L'équipe de chercheurs a utilisé une nouvelle méthode qui prend en compte le type de navires employés ainsi que leur capacité. Les chercheurs ont précisé que la pêche lointaine, bien que non déclarée à l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) n'est pas nécessairement illégale, puisqu'elle peut avoir été réalisée après une entente avec les autorités locales. À la différence de la plupart des pays occidentaux (ceux qui disposent d'une importante flotte pour la pêche lointaine) la Chine ne rend pas publics les accords qu'elle conclut.

La pêche lointaine est celle qu'un pays pratique soit en haute mer, soit dans les eaux appartenant à un autre pays, à la suite d'un accord entre eux.

Ce sont les côtes ouest-africaines qui sont la première cible des pêcheurs chinois, qui y prélèvent 2,9 millions de tonnes de poisson annuellement, soit 64 % de leurs prises. Les côtes de l'Asie viennent en deuxième place avec 1 million de tonnes.

Il est important de connaître l'ampleur réelle des prises pour pouvoir évaluer les stocks, a déclaré Daniel Pauly. « Nous avons besoin de savoir combien de poissons ont été pêchés pour déterminer ce que nous pourrons pêcher dans l'avenir », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Les responsables de la FAO se montrent toutefois sceptiques par rapport à ces données. Richard Grainger, chef statisticien à la FAO, a soutenu que ces chiffres étaient hautement improbables, même s'il a reconnu que le nombre de prises rapporté par la Chine est trop bas. Il a soutenu qu'une étude de 2009 de l'Université de Californie, qui estimait à 560 000 tonnes la quantité de poisson pêchée annuellement au large des côtes ouest-africaines et non rapportée, était plus réaliste.

Les chercheurs ont l'intention de continuer à utiliser la méthode qu'ils ont mise au point pour évaluer les prises réelles d'autres pays qui pratiquent la pêche lointaine, dont l'Espagne.