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04/04/2013 05:51 EDT | Actualisé 04/06/2013 05:12 EDT

La CAQ veut des poursuites immédiates contre des firmes coupables de collusion 

La Coalition avenir Québec (CAQ) demande au gouvernement Marois de tout mettre en oeuvre, incluant des poursuites, pour récupérer auprès des firmes de génie-conseil et des entreprises de construction, notamment, les sommes détournées des fonds publics par des moyens illégaux.

En conférence de presse, jeudi, le chef de la CAQ, François Legault, a fait valoir que la population québécoise, particulièrement à ce moment de l'année où les contribuables sont à remplir leurs déclarations d'impôt, était profondément dégoûtée par les révélations devant la Commission Charbonneau démontrant la collusion et la corruption dans l'octroi de contrats.

Le chef caquiste a cependant indiqué qu'il faudrait des preuves additionnelles avant que son parti n'accepte de rembourser des sommes qui auraient été obtenues par du financement illégal.

La veille, le directeur général des élections, Jacques Drouin, avait soulevé des doutes sur près de 13 millions de dollars de contributions à des partis politiques, dont 800 000 $ à l'Action démocratique du Québec (ADQ), qui a depuis été intégrée à la CAQ.

M. Legault a indiqué qu'il était tout à fait prêt à rembourser toute somme illégalement perçue par l'ADQ, pourvu que le DGE en fournisse la preuve.

Interrogé sur le fait que l'ingénieur Michel Lalonde, de la firme Génius Conseil, avait notamment affirmé à la commission Charbonneau que des employés de l'entreprise ayant donné 17 400 $ à l'ADQ entre 2001 et 2010 avaient été remboursés par Génius, ce qui est illégal, M. Legault a déclaré qu'il lui faudrait une preuve additionnelle.

« Nous, on n'a pas cette preuve-là, a affirmé François Legault. Il faut à un moment donné que l'entreprise - que ce ne soit pas juste un individu - que l'entreprise vienne confirmer. Mais nous, effectivement nous sommes prêts à rembourser s'il y a cette somme-là, on va la rembourser. Mais il faut que ce soit fait par tous les partis politiques. »

Or, M. Lalonde peut difficilement être vu comme « juste un individu », puisqu'il est le président de Génius Conseil.

Et dans les minutes précédentes, en réclamant que des poursuites soient entreprises contre les firmes qui auraient gonflé des contrats par collusion, M. Legault avait pourtant affirmé que des aveux semblables constituaient une preuve suffisante pour poursuivre.

« Déjà, il y a des individus qui sont venus s'incriminer. Donc. il y a des gens qui ont avoué. Je ne pense plus qu'il y ait personne qui doute que, dans certains contrats, dans plusieurs contrats, il y a eu collusion. À tour de rôle, les firmes obtenaient des mandats. Ces firmes-là devraient rembourser l'extra de 20 ou 30 % qu'on a payé en trop comme contribuables », avait-il déclaré.

M. Legault avait aussi fait valoir que le gouvernement Marois ne devrait pas attendre la fin des travaux de la commission, au printemps 2015, afin de ne pas permettre aux fautifs d'échapper aux conséquences judiciaires en vertu du délai de prescription, qui est de cinq ans en l'occurrence.

Reconnaissant que le fait d'intenter des poursuites ne relève pas du gouvernement, mais bien du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et qu'elles sont habituellement déposées à la suite d'enquêtes policières, M. Legault a ajouté que Québec devait s'assurer de fournir les moyens requis aux enquêteurs pour aller de l'avant.

La Presse Canadienne