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04/04/2013 05:45 EDT | Actualisé 04/06/2013 05:12 EDT

Hollande sous la pression croissante de l'affaire Cahuzac au Maroc

Le président François Hollande s'exprime jeudi devant le Parlement marocain à Rabat au second jour d'une visite dans le royaume, sous la pression croissante du scandale de la mise en examen de l'ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac pour fraude fiscale.

Mercredi à Casablanca, M. Hollande a soigneusement évité le sujet, alors que les aveux de son ancien ministre sur un compte bancaire secret à l'étranger ont provoqué "un tsunami politique" à Paris.

Pas un mot, y compris devant la communauté française de la ville devant laquelle il s'est même permis quelques plaisanteries sur la météo pluvieuse citant une formule attribuée au maréchal Lyautey, figure de l'ex-protectorat français au Maroc, selon "laquelle gouverner c'est pleuvoir!".

La ministres qui l'accompagnaient ne cachaient pas, eux, leur inquiétude sur ce scandale qui éclabousse l'exécutif tout entier.

Le chef de l'Etat tient une conférence de presse en fin de journée à Rabat, et il aura bien du mal cette fois ci à esquiver le sujet, alors que son Premier ministre Jean-Marc Ayrault a essuyé la veille le feu roulant des questions de l'opposition, et que celle-ci demande des comptes au premier responsable de l'exécutif.

Avant de quitter Paris, M. Hollande avait voulu déminer le terrain en annonçant une série de mesures pour garantir une "exemplarité totale" des responsables publics, mais elles ont été jugées largement insuffisantes par la droite. Il a eu beau assurer que son ancien ministre n'avait "bénéficié d'aucune protection de l'Etat", ce sont désormais les soupçons de mensonge de l'exécutif qui se propagent dans la classe politique comme dans la presse.

Une situation qui affaiblit encore un peu plus un président de la République en chute libre dans les sondages après seulement dix mois de mandat.

Par ailleurs, jeudi le quotidien français Le Monde a révélé qu'un proche de François Hollande, trésorier de sa campagne présidentielle, est actionnaire de sociétés offshore aux îles Caïmans.

Après une visite privée matinale à la mosquée Hassan II de Casablanca, le président français doit rejoindre Rabat pour une nouvelle journée marathon de sa visite de deux jours au Maroc.

Outre son intervention devant le Parlement marocain et sa conférence de presse, il doit s'entretenir avec le chef du gouvernement islamiste Abdelilah Benkirane, intervenir devant des chefs d'entreprises, dialoguer avec des étudiants à l'univesrité internationale de Rabat avant une rencontre avec des personnalités de la société civile.

Après la signature mercredi d'une trentaine d'accords et de contrats bilatéraux, pour un montant de 300 millions d'euros, en particulier dans le domaine des transports, M. Hollande devrait de nouveau exhorter les chefs d'entreprises français à investir au Maroc, alors que la France a perdu en 2012 sa place de premier fournisseur du pays.

Il devrait également promouvoir le concept de "colocalisation industrielle", dont il a loué, mercredi, la capacité à créer "un courant d'échanges favorable à l'emploi en France".

Devant le Parlement, M. Hollande doit adresser "un message de confiance" à son premier partenaire au Maghreb, en lui proposant "un partenariat dynamique".

"Il utilisera cette tribune pour s'exprimer sur les grands sujets de l'heure", notamment la Syrie, le Mali, Printemps arabes, processus de paix au Proche-Orient, a précisé son entourage. M. Hollande a exprimé sa satisfaction mercredi du soutien du roi Mohammed VI dès la première heure à l'intervention française au Mali et l'a félicité pour avoir réussi à "anticiper les Printemps arabes".

Concernant le Sahara occidental, ex-colonie espagnole que Rabat contrôle mais qui est revendiquée par les indépendantistes du Front Polisario, la position de la France reste la même: Paris soutient le plan d'autonomie marocain comme "base sérieuse et crédible" de discussion et souhaite une "solution négociée dans le cadre de l'ONU".

Lors de sa rencontre avec les représentants de la société civile, M. Hollande est attendu sur la question des droits de l'Homme, comme l'y ont exhorté les ONG Human Rights Watch et Reporters sans frontières (RSF).

Mercredi devant la communauté française, le président français a salué "la transition démocratique engagée au Maroc qui s'accélère avec l'adoption de la nouvelle Constitution", tout en reconnaissant qu'"il y a encore, comme pour toute démocratie, des imperfections, des progrès, des améliorations".

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