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04/04/2013 10:26 EDT | Actualisé 04/06/2013 05:12 EDT

É-U: la psychiatre de l'auteur de la fusillade au cinéma avait averti la police

DENVER - Une psychiatre qui soignait James Holmes — l'homme accusé d'avoir tué 12 personnes et d'en avoir blessé 70 autres lors d'une fusillade dans un cinéma du Colorado l'an dernier — avait prévenu la police un mois avant l'attaque que son client avait des tendances meurtrières et présentait un danger au public, indiquent des documents rendus publics jeudi.

La docteure Lynne Fenton avait également confié à la police de l'Université du Colorado à Denver que Holmes l'avait menacée et l'intimidait.

Holmes a suggéré la semaine dernière de présenter un plaidoyer de culpabilité en lien avec la fusillade, qu'il est accusé d'avoir perpétrée pendant la première du plus récent film de la série «Batman». La poursuite a rejeté cette offre et les procureurs ont annoncé lundi qu'ils demanderaient la peine de mort.

Les documents en question avaient été scellés, mais un nouveau juge qui préside l'affaire a ordonné qu'on les rende publics après les demandes de médias, dont l'Associated Press.

Dans les jours qui ont suivi l'attaque, le service de police du campus universitaire avait affirmé n'avoir eu aucun contact avec Holmes, qui étudiait aux cycles supérieurs. Mais les policiers avaient dévoilé que Mme Fenton les avaient contactés, à cause de son obligation de contacter les autorités si des menaces spécifiques étaient proférées, selon l'affidavit d'un mandat de perquisition.

Holmes avait aussi envoyé un paquet à sa psychiatre dans les jours précédant l'attaque, qui contenait ce que l'accusé décrivait comme son journal. Il n'a été découvert que quatre jours après l'attaque.

Les procureurs ont avancé que Holmes était en colère à cause de l'échec de sa carrière académique, qui avait déjà été prometteuse. Il aurait accumulé des armes, des munitions, des gaz lacrymogènes et des gilets pare-balles pendant que ses recherches universitaires se détérioraient et que ses professeurs l'encourageaient à changer de domaine.

Les deux procureurs au dossier ainsi que les avocats de la défense s'étaient dits préoccupés par le fait de devoir rendre publics les documents. Les procureurs avaient soutenu qu'ils étaient inquiets de la vie privée des victimes et des témoins, tandis que les avocats de Holmes avaient argumenté qu'ils ne voulaient pas nuire à ces chances d'obtenir un procès équitable.

Les organisations médiatiques avaient quant à elles souligné que plusieurs informations avaient déjà été rendu publiques, et qu'il n'y avait pas de raison de garder les documents scellés.