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03/04/2013 06:38 EDT | Actualisé 03/06/2013 05:12 EDT

Pyongyang autorise des frappes militaires contre les États-Unis

WASHINGTON - Pyongyang prévient Washington que ses troupes ont obtenu le feu vert pour lancer des attaques en ayant recours à des armes «plus petites, plus légères et nucléaires».

Cette menace a été formulée tôt jeudi matin par un porte-parole de l'armée qui a réclamé l'anonymat. Dans une déclaration relayée par l'agence de presse officielle du régime, le porte-parole a signalé que les troupes ont obtenu l'autorisation de répliquer aux agressions des États-Unis avec des «ripostes militaires puissantes»

Quelques heures auparavant, les États-Unis ont annoncé le déploiement d'un système de défense antimissile à Guam afin de contrer les menaces nord-coréennes dans la région de l'Asie-Pacifique.

Le déploiement du système de défense antimissile à haute altitude (Terminal High Altitude Area Defence System, ou THAADS), est le geste le plus récent que pose Washington afin de faire montre de sa puissance militaire. Le Pentagone a déjà envoyé des bombardiers B-52, des avions de chasse et des navires dans la région.

Cette annonce survient après que le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel eut affirmé, mercredi, que la rhétorique nord-coréenne représentait un réel danger et une menace pour les alliés des États-Unis dans la région, et que Washington faisait tout en son pouvoir pour tenter de calmer le jeu.

Il a expliqué, lors d'une allocution à l'Université de la Défense nationale, qu'il y existait un chemin vers la paix dans la péninsule coréenne, mais que les menaces nucléaires et les actions provocatrices ne mèneraient à rien.

Pyongyang a menacé, il y a quelques semaines, de frapper les bases américaines au Japon et à Guam, un territoire américain situé en Micronésie, dans le Pacifique.

La Corée du Nord a interdit mercredi aux travailleurs sud-coréens l'accès à un parc industriel conjoint qui se trouve de l'autre côté de la frontière lourdement fortifiée entre les deux pays.

Il s'agit de la plus récente démonstration d'agressivité de Pyongyang à l'endroit de la Corée du Sud et des États-Unis. La veille, le régime nord-coréen avait annoncé le redémarrage imminent d'un réacteur au plutonium et d'une usine d'enrichissement de l'uranium capables de produire de la matière fissile pour des armes nucléaires.

Le parc industriel de Kaesong a débuté ses activités en 2004 et représentait un rare point positif dans la relation entre les deux Corées. Un expert a dit craindre que sa fermeture ne vienne envimer encore davantage la situation, puisque Séoul risque d'y aller d'une réponse punitive à laquelle Pyongyang répliquera.

Le parc se trouve dans la ville de Kaesong, en territoire nord-coréen, et fournit du travail à quelque 50 000 ouvriers nord-coréens. Le parc fonctionne avec de la main d'oeuvre nord-coréenne mais du savoir-faire sud-coréen.

Environ 120 entreprises sud-coréennes sont actives à Kaesong. L'an dernier, le parc industriel a produit des biens — comme des chaussures, des horloges ou encore des vêtements — d'une valeur d'environ 470 millions $ US. Ces biens sont ensuite exportés vers la Corée du Sud ou ailleurs dans le monde.

Les travailleurs nord-coréens ont empoché environ 81 millions $ US en salaires l'an dernier.