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03/04/2013 09:53 EDT | Actualisé 03/06/2013 05:12 EDT

Le gouvernement Marois à la défense des chômeurs

Le gouvernement du Québec a dévoilé mercredi les détails de sa stratégie pour s'opposer à la réforme de l'assurance-emploi.

L'ancien chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, et l'ancienne ministre péquiste Rita Dionne-Marsolais coprésideront une « commission nationale d'examen sur la réforme de l'assurance-emploi, a confirmé le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales, à la Francophonie et à la Gouvernance souverainiste, Alexandre Cloutier.

Ils seront épaulés par deux experts, Michel Bédard, actuaire en chef du programme fédéral d'assurance-emploi de 1991 à 2003, et Yvon Boudreau, ex-sous-ministre qui a notamment été responsable d'Emploi-Québec.

La commission disposera d'un budget de 1,5 million de dollars pour mener à bien ses travaux. Elle devra déposer son rapport final avant le 30 novembre.

Le ministre Cloutier a précisé que cette commission s'inscrit dans le cadre d'une nouvelle gouvernance souverainiste qui vise à freiner et à combattre les « ingérences » du gouvernement fédéral dans les affaires québécoises, à assumer de façon plus marquée les pouvoirs du Québec et à accroître ses compétences.

Les commissions nationales d'examen seront créées, au besoin, pour examiner les initiatives fédérales ayant des répercussions majeures au Québec.

Cinq objectifs

La ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, a précisé que la commission sur l'assurance-emploi vise cinq objectifs :

  • identifier et documenter les impacts de la réforme du régime de l'assurance-emploi au Québec;

  • faire le point sur le régime actuel;

  • tenir des audiences publiques pour consulter la population;

  • établir les paramètres d'un régime qui correspondrait aux besoins du marché du travail québécois;

  • proposer des modifications au régime fédéral afin qu'il réponde à ces besoins.

Le ministre Cloutier a défendu le choix des membres de la commission, vantant leurs qualités et leur expertise dans le domaine. Plus tôt cette semaine, les rumeurs sur la nomination de l'ancien dirigeant souverainiste avaient soulevé la colère des partis d'opposition, qui accusent le gouvernement du Parti québécois de « copinage ».

Réactions

Le ministre des Transports du Canada, Denis Lebel, a affirmé que son gouvernement n'était pas intéressé « par les vieilles chicanes ». « Le gouvernement Marois a un plan de gouvernance souverainiste, alors que nous avons un plan d'action économique pour créer des emplois et de la croissance partout au Canada », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le Mouvement action chômage de Montréal (MAC) critique la stratégie québécoise, accusant le gouvernement d'abandonner la lutte « contre le saccage de l'assurance-chômage » pour donner la priorité à « son illusoire projet de rapatriement du régime au Québec » et à son projet souverainiste.