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03/04/2013 12:45 EDT | Actualisé 03/06/2013 05:12 EDT

Face à un budget réduit le chef du Pentagone veut mettre "tout sur la table"

Le Pentagone doit revoir sa façon de dépenser un budget en baisse et "mettre tout sur la table", notamment les coûts administratifs et d'acquisitions, afin de préserver la puissance militaire américaine, a prévenu mercredi le secrétaire à la Défense Chuck Hagel.

Dans son premier grand discours depuis sa prise de fonctions, le ministre a évoqué une étude sur les moyens d'appliquer la stratégie décrétée l'an passé par le président Barack Obama à la lumière des coupes budgétaires qui frappent le département de la Défense. Cette stratégie prévoit de porter l'effort sur l'Asie-Pacifique, les drones ou encore les forces spéciales.

Le Pentagone doit faire face à 41 milliards de dollars de coupes automatiques d'ici fin septembre et potentiellement à "500 milliards supplémentaires au cours de la prochaine décennie", a rappelé M. Hagel.

Même en cas d'accord sur la réduction du déficit entre républicains et démocrates, le Pentagone doit se mettre en ordre de bataille face à un budget appelé à diminuer, a-t-il insisté.

"Nous devons remettre en question toutes les hypothèses passées et tout mettre sur la table", a-t-il déclaré lors de son intervention devant l'Université de défense nationale (NDU).

Sans évoquer le nombre de chars, d'avions ou de militaires avec lesquels le Pentagone devra compter à l'avenir, Chuck Hagel a au contraire mis en cause la gestion des coûts de personnels et d'acquisition de matériels ou encore les frais administratifs.

La modernisation de l'armée "dépend de systèmes qui sont largement plus onéreux et risqués technologiquement que ce qui était promis ou budgété", a-t-il dénoncé. Le coût du programme d'avion furtif F-35 a ainsi doublé par rapport à 2001.

La taille de l'armée a baissé depuis la Guerre froide mais le nombre de commandements pour des généraux trois ou quatre étoiles n'a pas suivi cette tendance, a-t-il également regretté.

Le rôle des Etats-Unis dans le monde n'est pas remis en question, a précisé le ministre, car le pays "ne peut pas se payer le luxe de se replier sur lui-même". Pour lui, "l'armée des Etats-Unis reste un outil essentiel de la puissance américaine, mais qui doit être utilisé de manière judicieuse, avec une vision claire de ses limites".

mra/sam