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03/04/2013 08:11 EDT | Actualisé 03/06/2013 05:12 EDT

Bakken, le gisement à double tranchant des Prairies

Le gisement de pétrole prometteur Bakken s'annonce comme une source de revenus pour les provinces des Prairies canadiennes et les États américains limitrophes, mais aussi comme une source de concurrence entre les secteurs énergétiques canadien et américain.

Grâce aux nouvelles techniques d'extraction, les entreprises pétrolières peuvent maintenant exploiter le pétrole de la formation de Bakken, enfoui très profondément dans le sol. Ce territoire qui couvre le Dakota du Nord, le Montana, mais aussi la Sakstachewan et le Manitoba comporterait des réserves de milliards de barils au minimum.

Au Montana, le ranch familial de Mike Wilson, où ont été pratiqués des forages durant le boom pétrolier de la fin des années 70, compte aujourd'hui 17 puits en activité et il en accueillera bientôt 8 autres. M. Wilson explique que sa famille perçoit environ un million de dollars nets par année.

En Alberta, cette activité énergétique qui se déroule aux États-Unis est plutôt une source de problèmes. Le mois dernier, le ministre des Finances, Doug Horner, a annoncé un manque à gagner de 6 milliards de dollars en raison de la faible valeur du pétrole albertain.

Pour le professeur en économie de l'énergie Joseph Doucet, l'explication se trouve en partie au sud de la frontière. « Entre le Canada et les marchés dans le golfe du Mexique, ou les raffineries dans le golfe, il faut voir qu'il y a toute cette nouvelle production américaine qui vient engorger les pipelines et empêcher le transport de pétrole canadien vers le golfe du Mexique », explique le doyen intérimaire de l'École de commerce de l'Université de l'Alberta.

Il existe un danger supplémentaire pour le pétrole des sables bitumineux albertains : le pétrole américain est plus attirant pour les investisseurs. « Ce pétrole-là, c'est du pétrole léger qui se vend à un meilleur prix sur le marché, qui coûte aussi moins cher à extraire. Donc, c'est une concurrence qui est forte contre les sables bitumineux », fait valoir Pierre Fournier, analyste géopolitique de la Financière Banque Nationale.

M. Fournier croit donc qu'il faut de nouveaux pipelines pour que le bitume albertain puisse être concurrentiel et capable de reprendre de la valeur. Ce message est d'ailleurs sans cesse véhiculé par les premiers ministres de l'Alberta et de la Saskatchewan et par le gouvernement fédéral pour faire la promotion du projet d'oléoduc Keystone XL.

D'après le deuxième d'une série de reportages de Raphaël Bouvier-Auclair, à ne pas manquer au Téléjournal Alberta