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03/04/2013 03:57 EDT | Actualisé 03/06/2013 05:12 EDT

Affaire Magnotta: une entrevue datant de 2007 suscite un débat juridique

MONTRÉAL - Des chercheurs de l'Université d'Ottawa tentent d'empêcher la Couronne de mettre la main sur une entrevue réalisée il y a six ans avec Luka Rocco Magnotta dans le cadre d'une étude sur les prostitués et leurs clients.

Les avocats représentant les chercheurs ont plaidé mercredi, en Cour supérieure du Québec, que l'entrevue avec un sujet appelé «Jimmy» devrait demeurer secrète, en vertu d'ententes de confidentialité avec les participants.

La police de Montréal veut pour sa part obtenir une copie de l'entrevue pour la verser comme preuve au dossier qu'elle monte toujours contre Magnotta, accusé de meurtre prémédité relativement à l'assassinat et au démembrement de l'étudiant chinois Jun Lin.

La police a appris l'existence de l'entrevue après qu'un assistant de recherche lui en eut glissé un mot à la suite de l'arrestation de Magnotta, l'an dernier. Cet assistant a indiqué à la police que le «Jimmy» en question était en fait Magnotta.

La Couronne plaide que l'entente de confidentialité avec Magnotta n'est pas nette, et elle réclame l'accès à un enregistrement audio et à une transcription écrite de l'entrevue.

Les deux documents demeurent sous scellés pendant que le débat juridique suit son cours.

L'avocat représentant les deux criminologues de l'Université d'Ottawa, Peter Jacobsen, soutient quant à lui qu'on a promis à Magnotta que l'entrevue demeurerait confidentielle. D'importants efforts ont été déployés pour protéger l'identité de l'accusé, précise-t-il: son vrai nom n'apparaît nulle part, et il n'a même pas signé l'entente de confidentialité de crainte que son écriture ne soit reconnue.

«Il est important que leur recherche demeure confidentielle puisque si tel n'est pas le cas (...) les gens ne leur parleront plus par la suite sur ces sujets», a déclaré Me Jacobsen à l'extérieur de la salle d'audience, mercredi.

L'avocat soulève également des doutes sur l'importance de cette entrevue avec Magnotta réalisée en 2007, puisque les crimes dont il est accusé ont eu lieu en 2012.

L'audience préliminaire qui doit déterminer s'il subira un procès pour l'accusation de meurtre doit reprendre lundi prochain, au palais de justice de Montréal. La preuve présentée lors de l'audience est sous le coup d'une ordonnance de non-publication.

Magnotta a plaidé non coupable aux cinq accusations, et a choisi un procès devant jury.