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02/04/2013 05:24 EDT | Actualisé 02/06/2013 05:12 EDT

Transport collectif: tous les Ontariens pourraient avoir à payer plus

TORONTO - Les contribuables de l'Ontario pourraient tous contribuer au financement du transport collectif de la région du grand Toronto et de Hamilton.

L'agence métropolitaine de transport Metrolinx a publié une courte liste, mardi, présentant onze différents scénarios pour financer l'expansion du réseau de transports publics dans cette région très densément peuplée de l'Ontario.

Entre autres solutions proposées figurent une hausse des taxes de vente ou de l'impôt foncier, l'augmentation d'un demi-cent le litre de la taxe sur l'essence, de même que des postes de péage à l'entrée des grandes autoroutes (la série des «400»).

Metrolinx, qui doit remettre ses recommandations finales au gouvernement ontarien d'ici le mois de juin, suggère également une cotisation sociale et des frais de stationnement, ou un tarif prélevé pour chaque kilomètre parcouru par un automobiliste.

On propose aussi de permettre aux automobilistes, moyennant des frais, d'emprunter les voies réservées aux véhicules transportant plusieurs passagers même s'il n'y a qu'une seule personne à bord.

L'ensemble des revenus ainsi récoltés servirait à financer les projets de transport en commun, dont 25 pour cent seraient alloués à des municipalités de la région Toronto-Hamilton pour leurs projets locaux, a indiqué l'agence Metrolinx.

Selon le pdg de l'agence, Bruce McCuaig, il faudra amasser environ 2 milliards $ par année pour financer les améliorations à apporter au réseau de transport collectif de cette grande région métropolitaine. Cette somme servirait non seulement à réduire les bouchons sur les routes, mais aussi à améliorer la productivité, soutient l'agence.

Ce genre de mesures pourrait représenter un risque politique important pour le gouvernement minoritaire libéral, a reconnu M. McCuaig, mais selon lui, l'Ontario ne peut plus se permettre d'attendre davantage. Les citoyens veulent que des changements soient apportés, et les gouvernements doivent agir, a-t-il poursuivi.

La première ministre de la province, Kathleen Wynne, estime que les Ontariens sont prêts à investir davantage dans le secteur, mais que tout dépendrait de la façon dont l'affaire leur serait présentée.

«Si vous demandez à quelqu'un s'il souhaite dépenser plus dans la vie de tous les jours, il est certain qu'il vous répondra non. Mais si vous lui demandez s'il souhaite avoir les bonnes infrastructures pour assurer le transport des personnes et des biens dans la grande région de Toronto-Hamilton, alors là, la réponse sera oui», a estimé Mme Wynne.

Ce n'est toutefois pas le cas du maire de Toronto, Rob Ford, qui a réagi de la même manière que plusieurs automobilistes pourraient l'avoir fait en entendant les recommandations de Metrolinx: en faisant mine de vomir. «Les gens ne sont tout simplement pas prêts pour de nouvelles taxes. Je ne peux donc pas soutenir l'une ou l'autre de ces nouvelles taxes», a-t-il déclaré.

Et les autres municipalités de la province qui ne sont pas visées par le projet d'agrandissement ne sont pas très enthousiastes à l'idée de le financer, a indiqué le pdg de la Chambre de commerce de l'Ontario, Allan O'Dette.