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02/04/2013 02:26 EDT | Actualisé 02/06/2013 05:12 EDT

La mort d'un prisonnier palestinien ravive les tensions dans les Territoires

Un prisonnier de haute sécurité palestinien sexagénaire purgeant une peine de prison à vie en Israël est mort d'un cancer, un décès qui a rallumé les tensions déjà vives dans les Territoires.

Le décès de Maisara Abou Hamdiyeh, 64 ans, a immédiatement déclenché des mouvements de protestation dans au moins quatre établissements pénitentiaires où sont emprisonnés des détenus politiques palestiniens. Quelque 300 prisonniers ont refusé de se nourrir, selon le service pénitentiaire israélien (IPS).

Des heurts ont aussi éclaté à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, ville natale d'Abou Hamdiyeh, et à Jérusalem-Est, à l'entrée de la Vieille ville, où la police a tiré des grenades assourdissantes sur des jeunes Palestiniens, selon des journalistes de l'AFP. Neuf manifestants ont été appréhendés. Des jets de pierres ont été signalés ailleurs en Cisjordanie.

A Gaza, un groupe armé a lancé une roquette sur le sud d'Israël sans faire de blessé. Des témoins à Gaza avaient plus tôt fait état du tir de trois mortiers.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a imputé la mort du détenu, décédé à l'hôpital Soroka de Beersheva (sud d'Israël) où il avait été transféré durant le week-end, au gouvernement "arrogant et intransigeant" du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"La présidence tient le gouvernement de Netanyahu responsable du martyre du prisonnier Maisara Abou Hamdiyeh dans les geôles de l'occupant israélien", a déclaré le porte-parole de M. Abbas, Nabil Abou Roudeina.

Le Premier ministre Salam Fayyad a appelé à une commission d'enquête internationale dans les prisons israéliennes.

Côté israélien, un responsable gouvernemental a reproché aux Palestiniens de recourir au "langage de la confrontation plutôt qu'à celui de la paix et de la réconciliation".

Abou Hamdiyeh, un ex-général des forces de sécurité de l'Autorité palestinienne, avait été arrêté en 2002 et condamné à la perpétuité en 2007 pour tentative de meurtre. Il était accusé d'avoir recruté des activistes qui devaient commettre un attentat dans un café de Jérusalem en 2002, selon l'IPS.

Le service pénitentiaire a confirmé le décès en ajoutant qu'une procédure de remise en liberté était en cours en raison de la détérioration de l'état de santé du détenu.

"Il y a une semaine, les médecins ont indiqué qu'il était dans une phase terminale et l'administration pénitentiaire avait demandé à la commission des libérations de le relâcher, mais cette procédure n'avait pas abouti", a précisé le service pénitentiaire.

Abou Hamdiyeh, très malade depuis le début de l'année, sera enterré jeudi à Hébron. Il s'était plaint de violentes douleurs à la gorge en août dernier avant qu'un cancer ne soit détecté. Selon l'association des prisonniers palestiniens, qui défend leurs intérêts, quelque 25 Palestiniens souffrent de cancer et 18 autres de graves maladies chroniques dans les prisons d'Israël.

Dénonçant un "crime vicieux", le ministre palestinien des Prisonniers Issa Qaraqaë, rappelant que 207 Palestiniens étaient décédés en détention depuis 1967, a appelé à une grève générale et une journée de deuil mercredi dans les Territoires.

Le mouvement de protestation des prisonniers, dont certains observent une grève de la faim intermittente depuis des mois, doit se poursuivre mercredi. L'un des grévistes, Samer Issaoui, est dans "un état très dangereux pour sa santé", selon le club des prisonniers.

La mort le 23 février d'un détenu, Arafat Jaradat, 30 ans, des suites de "tortures" selon l'Autorité palestinienne, de causes encore indéterminées selon Israël, a provoqué plusieurs jours d'affrontements entre militaires israéliens et manifestants palestiniens, dont des dizaines ont été blessés.

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