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Une saison à l'eau?

Comme le Canadien l'an passé, les Sabres de Buffalo ont procédé à un changement d'entraîneur après le premier tiers d'une saison plutôt ordinaire. Et comme le Canadien, il semble que les Sabres devront attendre l'été avant d'en ressentir les conséquences.

C'est une équipe à mauvaise mine qui se présentera à Montréal mardi soir pour affronter le Canadien (19-5-4).

Les Sabres (10-15-4) affichent un dossier de 4-5-3 en 12 matchs depuis que Ron Rolston a remplacé l'éternel Lindy Ruff derrière le banc. Seulement deux des quatre victoires ont été enregistrées en 60 minutes, et l'équipe occupe le 14e et avant-dernier rang de l'Association de l'Est, à 8 points de la 8e place.

Est-ce à dire que comme le Canadien, les Sabres devront subir d'autres changements à l'été pour se remettre sur les rails?

« Des fois, plusieurs choses peuvent se passer pendant une saison morte, a rappelé l'attaquant Jason Pominville. À Montréal, ils ont fait de gros changements, ils ont pris leur temps, ils ont pris de bonnes décisions et ça a porté ses fruits. Mais quand on regarde les joueurs, ils n'ont pas fait de gros changements. Des fois, tu changes la mentalité, et ça a changé à 360 degrés (sic) pour eux. »

Comme Randy Cunneyworth l'an passé, Rolston est placé dans une situation doublement inconfortable : l'étiquette d'entraîneur-chef « par intérim » et le fait d'arriver au beau milieu d'une saison écourtée, au cours de laquelle les entraînements de qualité sont rares. Difficile de réinventer la roue dans ces circonstances.

« Ça serait intéressant de l'avoir durant tout un camp d'entraînement pour voir ce qu'il pourrait établir comme système de jeu, croit Pominville. C'est plus difficile puisqu'on manque de temps, on joue tous les deux jours. Pour un nouveau, il a vraiment fait du bon travail. »

« C'est un processus et je suis arrivé au milieu de ce processus, a indiqué Rolston. J'aimerais me dire [que ça irait mieux avec un camp], mais on a eu du temps pour travailler sur l'équipe. »

Reste simplement à voir s'il aura cette chance de diriger un camp préparatoire que Cunneyworth n'a jamais eue à Montréal.

Dans l'ombre de Lindy

Quand Ruff a été écarté, c'est une page de l'histoire des Sabres de Buffalo qui s'est tournée. Le directeur général, Darcy Regier, a ainsi mis fin à un règne de plus de 15 ans. Pendant son séjour derrière le banc, la Ligue nationale a été le théâtre de... 170 changements d'entraîneur!

Rolston doit donc sortir de l'ombre de Ruff. En public, on sent certainement une différence entre les deux hommes. Ruff n'était pas le plus chaleureux. Il dirigeait à l'image du rôle de dur qu'il jouait sur la patinoire. Un type « de la vieille école », pour paraphraser un collègue.

Rolston, le frère de l'ancien attaquant Brian, affiche plutôt une certaine timidité devant les caméras. Un autre collègue comparait son allure à celle d'un professeur de littérature.

Ruff a joué près de 700 matchs dans la LNH des années 1980, avant d'apprendre son métier en tant qu'assistant chez les Panthers de la Floride pendant quatre saisons.

Rolston, lui, n'est jamais même passé proche de goûter à la LNH comme joueur, ayant atteint le zénith de sa carrière lors d'un séjour de sept matchs dans ce qu'on appelait jadis la East Coast League, en 1989-1990. Il a ensuite gravi les échelons comme entraîneur dans les rangs universitaires américains, avant de passer sept ans au sein du programme de développement de l'équipe nationale américaine, pour aboutir à Rochester, avec le club-école des Sabres.

« Il est très détaillé avec certains jeux, comment placer notre bâton sur la glace, comment se positionner, a indiqué l'attaquant Patrick Kaleta. J'ai beaucoup appris en regardant ses vidéos. Il vient souvent me parler sur la glace et m'aider avec des choses que je n'avais jamais entendues avant. Si je peux améliorer mes habiletés avec son aide, tant mieux. »

Rolston refuse d'embarquer dans le jeu des comparaisons avec Ruff.

« Je ne remplace pas Lindy, il a tellement donné à cette équipe au cours des années. J'essaie seulement d'être moi-même. »

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