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Le Yukon en quête de main-d'oeuvre pour ses mines

L'industrie minière est en plein essor au Yukon, mais les compagnies font toutes face au problème du recrutement de personnel qualifié. La clé pourrait se trouver dans un partenariat entre le Yukon et son voisin américain, l'Alaska.

Le Yukon compte actuellement trois mines. Une quatrième est sur le point d'entrer en production, et au moins six autres projets entrent en phase de développement.

« Le recrutement est un de nos plus gros défis ici, à Minto et dans l'industrie minière en général », témoigne le directeur de la mine Minto, Sébastien Tolgyesi. La mine a commencé une exploitation souterraine, employant quelque 200 travailleurs qui proviennent pratiquement tous du Nord de l'Ontario. La compagnie les fait venir à 1000 $ le billet d'avion pour deux semaines de travail.

« Nous avons eu plusieurs années où l'industrie allait moins bien. Le taux d'inscription était beaucoup plus bas dans les universités et les collèges. Maintenant, on paye pour ça », relate M. Tolgyesi.

Le programme du Collège du Yukon

L'industrie aimerait embaucher davantage de Yukonnais. Actuellement, moins de la moitié des 1000 employés miniers provient du territoire. On les retrouve surtout dans les postes d'ouvriers ou de commis de bureau. Dans les 10 prochaines années, l'industrie prévoit avoir besoin d'embaucher deux fois et demie plus d'employés qu'actuellement.

Pour faire face à la demande, l'industrie et le Collège du Yukon ont développé un programme d'initiation aux mines. Le projet-pilote offre entre autres à une vingtaine d'étudiants une formation sur simulateurs pour apprendre à manoeuvrer de la machinerie lourde dans une mine à ciel ouvert ou souterraine.

Le cours d'une durée de six semaines coûte 1000 $ aux étudiants, mais pour le suivre, ils doivent d'abord passer une entrevue auprès des représentants des trois sociétés minières du Yukon. Le gouvernement territorial a investi 150 000 $ dans le programme, mais ce sont les minières qui choisissent les candidats potentiels.

« Si nous ne travaillons par ensemble, il est impossible pour les étudiants d'obtenir une véritable expérience dans le domaine », fait valoir la directrice du centre d'innovation minière nordique du Collège du Yukon, Shelagh Rowles.

Des millions des entreprises minières à l'Université de l'Alaska

Le programme est basé sur un concept élaboré et mis en oeuvre à l'Université de l'Alaska. L'établissement offre près de 150 programmes miniers et le partenariat avec le secteur privé, particulièrement dans le département d'ingénierie minière, est recherché dans cet État américain.

« Le coût de la formation est très élevé. Une compagnie minière n'est pas une entreprise de formation. Laissons cela à l'éducation postsecondaire », soutient le vice-président adjoint de l'Université, Fred Villa.

Par exemple, des recherches tentent de déterminer comment assurer une bonne circulation de l'air dans une mine à ciel ouvert, lorsque les gaz d'échappement de la machinerie demeurent figés au sol à cause du froid intense. Cette situation force régulièrement des fermetures.

L'un des atouts des programmes miniers de l'université de l'Alaska repose dans les trois mines qu'elle possède. Les mines ne produisent pas de minerais, mais servent de laboratoire aux étudiants. M. Ganguli explique que dans un cours de mécanique de la roche, les étudiants testent la solidité des parois des mines, assistent à des cours de sécurité minière ou d'arpentage et expérimentent même une explosion.

Partenariat pour la mobilité de la main-d'oeuvre

Grâce à son partenariat avec le Collège du Yukon, l'Université de l'Alaska souhaite entre autres assurer la mobilité de la main-d'œuvre spécialisée. Le vice-président Fred Villa espère qu'un programme conjoint pourra être développé de façon à ce que les étudiants puissent répondre aux standards de l'industrie tant en Alaska qu'au Yukon. Ainsi, quand les mines seront moins actives, les étudiants pourront trouver de l'emploi de l'autre côté de la frontière.

Un tel partenariat aura besoin de l'appui des politiciens, un travail de sensibilisation que M. Villa dit avoir déjà entamé. Le concept d'une main-d'oeuvre alasko-yukonnaise plaît au directeur général de la mine Minto, Ron Light, qui y voit une alternative à l'embauche de main d'oeuvre venue d'Asie, par exemple.

Pour l'instant, il mise sur le programme du Collège du Yukon, dont il a aidé au développement pour, entre autres, augmenter le nombre d'Autochtones dans l'industrie.

D'après un reportage de Claudiane Samson, à ne pas manquer mardi au Téléjournal Colombie-Britannique/Yukon

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