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L'économie sociale comme moteur de développement

Un texte de Isabelle Maltais

La première ministre du Québec, Pauline Marois, a déposé mardi un projet de loi-cadre sur l'économie sociale, tel que l'avait promis le Parti québécois lors de la campagne électorale.

« Le gouvernement s'engage à assurer une pleine reconnaissance de ce secteur important de notre économie », a déclaré Pauline Marois en conférence de presse.

La loi permettra d'établir un cadre juridique reconnaissant l'importance de l'économie sociale dans l'économie québécoise en précisant certains de ses fondements et des principes qui devront guider les entreprises oeuvrant dans ce secteur.

Grâce à cette reconnaissance, la loi obligera ainsi le gouvernement à adopter des politiques et des mesures en matière fiscale ou en matière subventionnaire qui tiendront compte des entreprises d'économie sociale.

Le plan d'action gouvernemental, qui devrait concrètement être élaboré au cours de l'année, visera entre autres à favoriser l'achat public auprès des entreprises d'économie sociale. Il prévoit aussi la création d'une table des partenaires en économie sociale, qui sera « un lieu de concertation permettant de mettre en commun les orientations et les actions du gouvernement et des acteurs du milieu ».

La Banque de développement économique du Québec sera de plus mise à contribution, afin de trouver de nouveaux leviers pour permettre aux entreprises d'économie sociale de mieux se financer.

« Il est très important de reconnaître que l'économie sociale représente une voie stratégique de développement économique. Une façon durable de créer des emplois et de multiplier les innovations sociales », a affirmé Pauline Marois.

Par la bouche de Sylvain Gaudreault, ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire, qui sera en charge du dossier, le gouvernement a tenu à souligner que plusieurs pays ont déjà adopté des projets de loi similaires ou sont en voie de le faire, dans le but de permettre à ce secteur « alternatif » de mieux émerger.

« Je pense par exemple à la France, à l'Espagne au Mexique, pour ne nommer que ceux-là », a énuméré M. Gaudreault.

Selon Québec, l'économie sociale est composée d'environ 7000 entreprises : coopératives, organismes à but lucratif et mutuelles, oeuvrant dans une vingtaine de secteurs économiques différents. L'économie sociale emploie plus de 125 000 personnes et génère un chiffre d'affaires de plus de 17 milliards de dollars annuellement, soit 8 % du PIB québécois.

Réactions

Au Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM) ainsi qu'au Chantier de l'économie sociale, qui seront les interlocuteurs privilégiés du gouvernement en la matière, on se réjouit de l'annonce.

« Le projet déposé aujourd'hui reconnaît l'apport important du mouvement coopératif et mutualiste québécois dans notre économie globale », a affirmé M. Gaston Bédard, de la direction générale du CQCM.

Quant au Chantier de l'économie sociale, il souligne que « la loi-cadre sur l'économie sociale n'est pas une fin en soi, elle représente plutôt un élan vers un développement économique et social plus durable et plus respectueux des besoins des communautés ».

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