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La prématernelle à temps plein pour préserver le français

Le Conseil des écoles fransaskoises (CEF) songe sérieusement à étendre un projet-pilote de prématernelle à temps plein lancé en septembre dernier, étant donné les résultats obtenus dans d'autres communautés francophones en situation minoritaire au pays.

L'École Monseigneur-de-Laval, à Regina, est la seule école du CEF à participer au projet. L'adjointe à l'éducation du Conseil, Frankie Laclare, affirme que la prématernelle à temps plein est une idée qui trotte au sein de son organisation depuis près de trois ans.

« À peu près 80 % de nos enfants viennent de famille où le couple est exogame. Il y a de bonnes chances que la langue principale à la maison soit l'anglais, alors pour ces jeunes-là, les années de prématernelle améliorent vraiment leur capacité à apprendre le français », explique-t-elle.

Le CEF se dit satisfait des résultats jusqu'à maintenant. Non seulement le degré d'apprentissage des élèves est surprenant, mais le nombre d'inscriptions en prématernelle a augmenté. Le Conseil souhaite d'ailleurs entamer le projet dans l'ensemble de ses écoles fransaskoises, d'ici deux ans, indique Mme Laclare.

L'exemple ontarien

En Ontario, les écoles francophones ont un programme à temps plein pour les enfants de quatre ans, depuis déjà une décennie. La province est d'ailleurs la seule où le gouvernement finance le programme.

Selon le Conseil des écoles catholiques du centre-est de l'Ontario, en 10 ans, les résultats sont étonnants. « Les enfants qui entrent à la maternelle à quatre ans sont mieux préparés pour les défis cognitifs, les défis d'apprentissages », fait valoir le surintendant responsable de la petite enfance, François Massé.

Le sombre nuage d'une bataille judiciaire

Le CEF estime les coûts d'un programme de prématernelle à temps plein dans l'ensemble de ses écoles à 1,2 million de dollars. Toutefois, avant de demander du financement de la province, il attend les demandes des différents conseils d'écoles intéressés à avoir un tel programme. Par la suite, il devra évaluer et s'assurer de la capacité d'accueil des installations concernées.

Selon Mme Laclare, le Conseil des écoles fransaskoises pourrait se retrouver une fois de plus, devant les tribunaux, afin d'obtenir du financement de la part du gouvernement provincial. L'adjointe à l'éducation soutient que l'aide de la province est essentielle à la réalisation du projet, dans chacune de ses écoles.

Vision d'un mouvement national

Dès l'an prochain, d'autres prématernelles à temps plein pourraient voir le jour dans certaines écoles du CEF, selon Mme Laclare, mais il est impossible d'en savoir plus pour l'instant.

La Commission nationale des parents francophones (CNPF) affirme que chaque communauté francophone minoritaire du pays devrait avoir des services à la petite enfance, de 0 à 4 ans, y compris la prématernelle à temps plein.

Selon la CNPF, les gouvernements provinciaux sont conscients de l'importance et des bénéfices du service. La CNPF a par ailleurs confiance qu'à long terme, la prématernelle à temps plein sera disponible dans toutes les provinces canadiennes.

Le Manitoba implantera d'ailleurs la prématernelle à temps plein dans ses écoles dès l'automne.

D'après un reportage de Jennifer Boudreau, à ne pas manquer au Téléjournal Saskatchewan

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