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La belle vie du seigneur de guerre Bosco Ntaganda

Même s'il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international, le seigneur de guerre congolais Bosco Ntaganda a fait la belle vie pendant des années en République démocratique du Congo (RDC), fréquentant les clubs de tennis privés et les restaurants huppés au nez et à la barbe des diplomates étrangers et des Casques bleus de l'ONU.

Tout cela a pris fin lundi, alors que l'homme de 39 ans surnommé « Le Terminator » s'est rendu aux autorités consulaires américaines de son propre gré. Il s'est présenté lundi à l'ambassade américaine au Rwanda et a demandé d'être transféré à la Cour pénale internationale (CPI).

Cette reddition surprise survient dans la foulée de la scission de son groupe de rebelles, la milice du M23, et après que ses défenseurs au sein du gouvernement rwandais lui eurent apparemment retiré leur soutien.

« L'option la plus probable, c'est qu'il était à court d'options. Il avait le choix entre aller à La Haye [aux Pays-Bas, où se trouve la CPI, NDLR] ou être assassiné », a suggéré Tony Gambino, ancien directeur de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) en RDC, au sujet de la volte-face de Bosco Ntaganda, qui était après tout l'un des hommes les plus recherchés en Afrique.

Du côté de Washington, la porte-parole du secrétariat d'État, Victoria Nuland, a affirmé mardi que le chef rebelle demeurerait à l'ambassade des États-Unis dans la capitale rwandaise, Kigali, le temps que les responsables américains « facilitent son transfert à La Haye, tel qu'il l'a requis ».

Comme le ministère rwandais de la Justice a assuré les autorités américaines de sa collaboration, il reste à régler « des modalités », et cela « prendra peu de temps », a ajouté Mme Nuland.

Bosco Ntaganda, un Tutsi, avait été formellement accusé par la CPI en 2006 d'avoir bâti une armée de miliciens en enrôlant des enfants-soldats pendant un conflit ayant sévi entre 2002 et 2003 dans la province d'Ituri, dans l'est de la RDC.

Accusé de meurtre, de viol, d'esclavage sexuel et de pillages, il avait malgré tout accédé au titre de général dans l'armée congolaise et menait une vie sans tracas dans l'est du pays.

Il était devenu plus vulnérable depuis le mois dernier, lorsque la milice du M23 s'était séparée en deux camps en raison de différends stratégiques et politiques.

Bosco Ntaganda serait arrivé au Rwanda samedi, au petit matin. Il avait tenté de rejoindre ses défenseurs au sein de l'armée du Rwanda, selon Stanislas Baleke, un représentant politique de la milice du M23 qui entretient des liens avec le chef rebelle.

« Mais une fois qu'il est arrivé au Rwanda, ils lui ont dit qu'ils ne pouvaient assurer sa sécurité », a-t-il soutenu.

Associated Press
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