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France: l'Agence du médicament menacée de mise en examen dans l'affaire du Mediator

Le directeur général de l'Agence française du médicament (ANSM), Dominique Maraninchi, a été convoqué mardi par les juges en charge de l'instruction de l'affaire du coupe-faim Mediator, qui a fait des centaines de morts en France, en vue d'une possible mise en examen de l'Agence.

Les magistrats "envisagent une mise en examen de l'ANSM, en la personne de son représentant légal, pour les chefs d'inculpations d'homicide involontaire et blessures involontaires, pour des fautes de négligence commises entre 1995 et 2009", explique l'agence dans un communiqué.

"Il serait ainsi reproché à l'Agence d'avoir contribué à créer la situation qui a engendré le dommage des victimes et de n'avoir pas pris les mesures permettant de l'éviter", indique encore l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) qui à l'époque des faits s'appelait Afssaps (l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé).

Deux informations judiciaires principales sont ouvertes dans ce dossier: l'une pour "homicides et blessures involontaires" pour lequel le fondateur du laboratoire fabriquant le Mediator, Jacques Servier, a été mis en examen le 11 décembre, l'autre pour tromperie et escroquerie dans laquelle M. Servier a été mis en examen avec ses sociétés en septembre 2011.

L'enquête pour homicide et blessures involontaires devrait durer plus longtemps que celle pour tromperie puisqu'il faut établir un lien entre la prise du médicament et les dommages infligés aux malades.

A la mi-février, les juges d'instruction chargés de cette enquête pour tromperie et prise illégale d'intérêt, avaient déjà mis en examen deux anciens responsables de l'Afssaps, Jean-Michel Alexandre et Eric Abadie, respectivement pour "participation illégale d'un fonctionnaire dans une entreprise précédemment contrôlée" et pour prise illégale d'intérêt.

Le Mediator, qui contient une molécule coupe-faim, le benfluorex, a été prescrit pendant trente ans, d'abord contre l'excès de graisses dans le sang, puis comme traitement adjuvant chez les diabétiques en surpoids, avant d'être retiré du marché le 30 novembre 2009. Il a causé de 500 à 2.000 décès, selon plusieurs études.

Il a été retiré du marché en novembre 2009 en raison de révélations sur les risques cardiaques encourus par les patients.

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